Cours/Séminaire
Notice
Date de réalisation
Lieu de réalisation

MRSH Caen

Langue :
Français
Citer cette ressource :
La forge numérique. (2014, 24 janvier). Un paradoxe espagnol : le Saint-Office comme rouage de l’Etat. [Podcast]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/117481. (Consultée le 20 juillet 2024)

Un paradoxe espagnol : le Saint-Office comme rouage de l’Etat

Réalisation : 24 janvier 2014 - Mise en ligne : 30 juin 2022
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Descriptif

Cette conférence a été enregistrée dans le cadre du programme pluridisciplinaire de la MRSH Le temps de l'Empire ibérique, dont le thème pour l'année 2013-14 est consacré aux médiations religieuses dans l'empire ibérique.

Michèle Escamilla, agrégée d’Espagnol, docteur ès-Lettres, professeur émérite de l’Université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, a enseigné dans le département d’Études Ibériques et Ibéro-américaines de l’Université de Caen de 1968 à 2001. Ses travaux de recherches et ses publications ont principalement porté sur l’Amérique coloniale (Maîtrise), l’Inquisition (Doctorat d’État), Charles Quint (Biographie chez Fayard, en 2000, en collaboration avec Pierre Chaunu),  et actuellement sur le XVIe siècle espagnol. 

Résumé de la communication

En instaurant dans leurs royaumes, avec l’accord du pape Sixte IV, un tribunal d’exception pour éradiquer le crypto-judaïsme qui s’était développé parmi les nouveaux convertis ou « nouveaux-chrétiens », la reine Isabelle de Castille et le roi Ferdinand d’Aragon en firent un efficace instrument de leur pouvoir. Inscrit dans le système polysynodique  caractéristique du gouvernement de leur dynastie ce tribunal, inspiré au départ du modèle médiéval devenu caduc, fut bientôt érigé en une nouvelle et puissante instance : dirigée par un Inquisiteur général appuyé par un Conseil – la Suprême –, un solide Corpus normatif, et un réseau de tribunaux rigoureusement organisés couvrant tout le pays. Légué par les Rois Catholiques à la dynastie qui leur succéda, les Habsbourg,  le Saint-Office de l’Inquisition (ou Inquisition moderne) trouva une nouvelle justification face à la « menace » luthérienne. Dans le cadre de la Réforme catholique il fut de même utilisé par Philippe II pour la remise en ordre idéologique et disciplinaire (confessionnalisation et disciplinement) du royaume. Conscients de l’efficacité de cet instrumentum regni à la fois d’Église et d’État – mais dont ils détenaient la clef grâce à leur droit de choisir l’Inquisiteur général, dont toute la machine dépendait – les souverains espagnols l’implantèrent dans leurs dépendances américaines, mais se heurtèrent à une forte résistance dans leurs possessions européennes extra-péninsulaires (Italie, Pays-Bas).

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