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Descriptif
Issu d'une famille de forgerons, Allaye Samasekou en a reçu l'initiation et la maîtrise de sa technique. Il sculpte ici un «vieux qui marche». Après avoir marqué ses repères, il commence toujours par dégager la tête du billot de bois initial. En temps réel, le travail a duré de 2 à 3 heures.
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Extraits de Statues actives. Le mouvement dans la statuaire africaine. « Bois » anthropomorphe tshokwe et dogon. Thèse co-dirigée par LOUIS PERROIS et JEAN POLET. Doctorat en histoire de l'art et archéologie, Université Paris1.Année 2004-2005. (Auteur Laurence Landais)
Ces extraits correspondent aux pages 421-431 du Tome deux, Statuaire dogon, un jeu d'énigmes, dans la partie Elèments d'enquêtes sur le terrain, producteurs et utilisateurs d'objets.
L’entrée sculpteurs / Forgerons et non forgerons
(...) L’entrée « producteurs d’objets » me semblait être la première à privilégier. Je voulais m’introduire dans le monde des forgerons et des sculpteurs pour accéder aux représentations mentales et matérielles qui définissent la production actuelle. Quels types de liens celle-ci entretenait-elle avec les pièces anciennes ? La production touristique était–elle marquée par un style régional ? Pouvait-on remonter aux productions d’hier, grâce aux producteurs d’aujourd’hui ? L’identification des pièces en termes d’époque, de région, de population et d’auteur est en effet une des questions les plus centrales auxquelles on doive se confronter. Entrer dans le processus même de fabrication aiderait-il à identifier les styles, les modes de transmission d’un ensemble de savoirs, fait de gestes, d’outils, et de canons de représentation ?
Mes lectures m’avaient appris l’existence de deux types de forgerons. Les jemmen 1, grands métallurgistes, capables de maîtriser toute la chaîne technique depuis l’extraction du minerai de fer jusqu’à la forge, s’étaient retirés de la falaise pour s’installer dans la plaine du Séno vers le Yatenga. Ils semblaient avoir abandonné la production de statues. Les irim (ou iriné) qui descendraient de leurs captifs2 étaient restés sur la falaise et le plateau et perpétuaient la tradition des statues. On attribue en effet l’essentiel de la statuaire de bois et de fer du pays dogon (à l’exception des masques) aux forgerons irim de la falaise. Fort de ce constat, Bruno Martinelli3 suppose que la statuaire ancienne, datée de plus de deux siècles serait l’œuvre des ancêtres de ces forgerons4. J’ai donc décidé de rencontrer en priorité les forgerons de la falaise.
J’ai toujours évité Sangha, haut-lieu touristique par excellence. Mais je n’ai pas cherché le plus vieux forgeron du village le plus reculé ou le plus « préservé ». J’ai rencontré par exemple le forgeron de Yenduma-da, Allaye Samassekou, avec qui j’ai sympathisé. Yenduma-da n’a rien d’un village « préservé » puisqu’il se trouve sur la piste qui relie Douentza à Sanga. C’est un village de plaine d’installation récente. Bâti autour d’un puits, ce qui occasionne beaucoup « moins de fatigue pour l’eau », il résulte du transfert en 1994 de l’ancien village, situé plus haut à flanc de falaise. Contrairement à ce qui se passe pour Kundu (à 7 km en direction de Sanga), où le déplacement vers le bas se fait progressivement et individuellement depuis plusieurs années, (en effet, les quartiers de Kundu du bas s’étendent à mesure que ceux de Kundu du haut se dépeuplent), le transfert de Yenduma-da s’est opéré en seule fois, à la suite d’une décision collective. Tout le village s’était longuement réuni. Tout le monde a beaucoup discuté pour être d’accord5. Une fois la décision prise, il a fallu s’organiser. Ils sont d’abord allés construire des maisons en bas et puis quand tout a été installé, tout le monde est descendu. L’installation en plaine s’est accompagnée d’une conversion à l’islam pour la majorité des habitants. Ce village est à cet égard très représentatif des mutations ordinaires du pays dogon.
Je comptais sur Allaye pour entrer dans l’univers forgeron au présent, et si possible au passé. Effectivement, pour les besoins de mon enquête, Allaye m’a conduit chez d’autres membres de sa famille, portant comme lui le nom de Samasekou, qui marque l’identité des « irim 6 ». Il m’a aussi conduit chez d’autres gens de castes comme des cordonniers devenus antiquaires et supposés « connaisseurs » en statues anciennes.
Il a tenté de me faire comprendre ce qui définit un forgeron, de la naissance aux funérailles, en passant par le mariage, évoquant l’enfance, le long apprentissage, l’obligation d’endogamie et les pouvoirs magiques qui accompagnent ce type de destin. J’ai visité son village abandonné. Allaye l’a repeuplé de ses souvenirs devant la maison de famille, où il a vécu jusqu’à l’adolescence, située tout en haut du village, non loin de la forge paternelle qui était installée sous un rocher. Il redevient alors Wamana, du nom animiste qu’il a reçu à la naissance, pour me montrer l’emplacement du fétiche de la forge, les lieux sacrés du village, les passages interdits aux femmes en règles, le point où l’on guérit les enfants qui tremblent, et les fétiches du village. Certains sont recouverts de crème de mil, séchée depuis peu. Les vieux continuent de venir y faire des sacrifices, régulièrement. Dans chacun des quatre quartiers du village, une maison pour les femmes qui ont leurs règles pendant ce temps, elles ne travaillent pas, leurs sœurs et leurs mamans viennent leur apporter à manger. Les deux grandes pierres plates, à côté, c’est l’endroit où une femme qui a ses règles dort, si son mari l’aime beaucoup, il vient dormir à côté d’elle pour qu’elle ne soit pas toute seule. Un cauri par terre. On payait encore en cauri (???) quand il était petit. Voici la pierre qui servait à mesurer les bandes de coton, une bande de trois mètres valait un franc. La place où les jeunes filles dansent au clair de lune, celle où les garçons jouent à l’akwélé dont les trous sont creusés à même la pierre. Un grand canari et quelques poteries sont restées sous l’auvent rocheux où le guérisseur officiait. C’était plein de statues, mais les enfants sont venus les prendre pour les vendre. Les forgerons connaissent aussi des plantes qui soignent et différentes catégories de magies. Je pourrais par exemple tester le médicament qui rend momentanément invulnérable au feu et au fer... Et puis j’écoute ce qui arrivait du temps où il n’y avait pas de lumière. Les premiers arrivants de Yenduma Ato, c’était un homme avec sa femme. C’était le soir, il faisait très noir. A un moment la femme dit à son mari, qu’elle croit apercevoir dans l’ombre «tiens, prends ton enfant, pendant que je vais préparer le repas ». Elle donne l’enfant à l’homme et va préparer le repas. Le mari arrive et demande « où est mon enfant ?» -« Mais, je te l’ai donné tout à l’heure » répond la femme. Ils n’ont jamais revu leur enfant. Quelqu’un l’avait pris et s’était enfui ...
Mais comment faisait-on quand il n’y avait pas de lumière ? Quand il n’y avait pas de lumière, on prenait deux pierres et un bois. Et puis le forgeron a fabriqué l’allumette dogon. C’est comme ça qu’on a eu le feu et la lumière. Allaye-Wamana me raconte les tambours qui annoncent les funérailles de forgeron, comment on doit ouvrir la cérémonie par des danses de sabres. Les tours de force et de passe-passe que chacun doit exécuter pour montrer sa puissance, sa maîtrise du feu et du fer. Ceux qui s’assoient dans les flammes, les avalent, les font entrer ou sortir de leurs poches, et que le fer ne coupe pas, ceux qui ont des instruments magiques qui peuvent faire voir le soleil en pleine nuit. Et leurs femmes qui dansent avec de grands couteaux. Mais les pouvoirs des forgerons d’aujourd’hui sont peu de chose à côté des exploits des anciens… Allaye-Wamana évoque la perte de pouvoirs magiques plus au moins mythiques comme celui de se transformer en toutes sortes d’animaux redoutables ou de confectionner certains médicaments très puissants, et le déclin des performances techniques. Plus personne n’est capable de fabriquer un outil comme ce « Toutok », (pièce de métal utilisée comme marteau) que je détiens de mon grand-père. On a perdu beaucoup de choses. Avant, ils étaient très forts. En revanche, d'autres outils n'auraient pas varié (Doboï, golo, oniom). Cette perte de savoir-faire est-elle réelle, due à une initiation raccourcie par la scolarisation, une moindre foi dans le processus de transmission ou bien purement fantasmée sur le mode d’une nostalgie du temps passé où tout était forcement mieux ou plus beau…
Officiellement, les Dogon (au sens de non forgeron) ne sont pas des sculpteurs. Ils ne taillent que les échelles et les masques. Or, les enfants commencent très tôt à tailler des lance-pierre et des petits personnages. Et l’augmentation du tourisme a ouvert un marché. De nombreux sculpteurs non forgerons, surtout des jeunes, exécutent des copies pour les touristes à longueur de journée. Je ne voulais pas les exclure de mon travail. Youssouf Dara est l’un d’eux, et réunit tous ces critères ; il travaille pour le compte du propriétaire du campement de Kundu. Je lui ai passé commande. Tous deux producteurs d’objets sculptés, Allaye et Youssouf sont devenus, chacun à leur façon, des collaborateurs précieux, m’ouvrant à des mondes différents. En effet, ils m’ont tous deux aidé dans mes enquêtes, et leur différence de statut m’a donné à penser la sculpture d’un point de vue moins extérieur, à la fois sur le plan technique et sur le plan symbolique. Je les présente en contrepoint l’un de l’autre tels qu’ils me sont apparus.
Comprendre la transcription du mouvement
Mon premier objectif était de tenter de comprendre comment les sculpteurs transposaient le mouvement dans la sculpture, et de tester quelle lecture ils pouvaient faire de statues que j’interprétais comme étant en mouvement. Lors d’un de mes séjours, Allaye allait commencer la sculpture d’un vieux qui marche, j’ai filmé toutes les étapes de sa fabrication, avant de lui passer commande, comme à Youssouf, du portrait d’une personne en train de danser. La demande de représentation d’une personne en mouvement n’a jamais eu l’air de leur paraître incongrue. Elle appelait juste quelques précisions et limites : « Tu veux qu’il danse comment ? Pas avec les bras écartés, parce qu’il faudrait trop de bois… »
Alors que j’espérais recueillir quelque chose de l’ordre d’une théorie de la représentation du mouvement à la Rodin de la bouche d’un forgeron dogon, ou voir clairement se faire la transposition, mes questions sont restées en suspens. Je n’ai approché quelque chose de cet ordre qu’auprès du sculpteur contemporain Amahiguéré Dolo7 qui se situe délibérément hors du champ traditionnel. Car je n’ai pas compris ce qui permettait de distinguer un personnage dansant d’un personnage qui ne dansait pas… Tous invariablement sculptés avec les genoux pliés, et les bras repliés sur le ventre ou les cuisses, très semblables, à mes yeux, aux personnages décrits par les sculpteurs comme étant en train de marcher ou bien « arrêtés8 »... L’homme sculpté par Youssouf et la femme sculptée par Allaye auraient-ils été différents si je n’avais pas spécifié qu’ils devaient danser ? Je n’en suis pas sûre9. Malgré ma bonne volonté et mon insistance, sans doute lassante, à les reformuler en plusieurs versions sur le même thème, je n’ai sans doute pas réussi à poser les bonnes questions. Les précisions que je demandais n’aboutissaient qu’à des réponses du type : Tu vois bien qu’il marche…Comment j’ai fait ? J’ai fait comme ça … C’est comme ça qu’on fait… Pourtant, tous les sculpteurs (forgerons ou non) que j’ai rencontré pouvaient commenter les actions qui définissaient leurs personnages, un vieux qui marche, une femme qui pile, celui-ci prie. A l’intérieur de cercles de sculpteurs forgerons ou non, la lecture du mouvement sur les statues ou leurs reproductions photographiques ne semble pas différer de celle qui est faite à l’extérieur de ces cercles. Elle ne me semble pas non plus différente de celle que j’effectue. Cela ne signifie pas pour autant qu’on sache bien lire les pièces anciennes.
Les premières observations tiennent en quelques phrases. L’intention et la volonté de représenter le mouvement sont bien présentes. Mais les modalités qui le permettent m’échappent. Doit-on à nouveau simplement invoquer Diderot et le pouvoir animateur du regard ? D’après ce que j’ai pu voir et entendre, la symétrie n’est pas à considérer comme un indice d’immobilité. Mais l’inverse n’est pas vrai. J’ai pu le constater dans des représentations asymétriques, notamment celles d’hommes en marche, (aux pieds légèrement décalés) portant un sac en bandoulière ou un outil sur l’épaule, reproduites par Allaye, Youssouf ou de nombreux autres sculpteurs et forgerons. Mais pourquoi cette différence de traitement du mouvement ? Eric Jolly a élaboré une théorie sur l’asymétrie et le mouvement qui croise partiellement des éléments recueillis sur le terrain auprès des guérisseurs. Je développerai ces aspects dans la partie suivante.
Si je n’ai pu tirer au clair les modalités de transcription du mouvement, j’ai pu identifier un certain nombre de canons de représentations. Ainsi pour le portrait qu’exécutait Youssouf, le modèle était un jeune homme peul10. L’identité ethnique s’est trouvée immédiatement exprimée par la coiffure donnée à la sculpture. Celle-ci ne correspond pas du tout à la coiffure réelle du modèle, mais vient jouer son rôle conventionnel de marqueur. Cette règle d’identification par la coiffure semble être valable de façon plus générale, puisqu’à la lecture des œuvres la coiffure est un élément d’interprétation. Le très jeune homme est devenu, une fois sculpté, un homme dont la maturité se lit à la barbe qui lui descend jusqu’à la poitrine, alors que le modèle est imberbe. Cette dernière délicatesse a touché son but, le modèle n’étant pas du tout fâché d’avoir été vieilli. Youssouf justifie d’un « de toute façon il va vieillir, et c’est mieux de le faire en vieux » ce portrait anticipateur et idéalisé qui pare son modèle des belles qualités physiques et psychologiques que l’âge mûr est censé posséder. Cela donne à réfléchir sur les portraits d’ancêtres. Dans les sculptures qu’a déjà réalisées Youssouf, prêtes à être livrées, je remarque des personnages à longue figure qu’on trouve dans tout le pays dogon, dans les points de vente d’objets pour touristes… Leur visage descend sur le tronc. Ce sont des génies d’eau. Cette figuration ne me semble pas si conforme aux descriptions les plus fréquentes qu’on donne des génies d’eau. Il est vrai que ceux-ci sont censés pouvoir se transformer à volonté. Pour Eric Jolly11, on est présence de la création originale d’un style pour touristes avec ces « Nommo. »
Toutes les transcriptions que je vois effectuer spontanément par Youssouf participent pour lui de l’évidence. Il ne les considère pas comme des connaissances. Youssouf dit en effet ne rien savoir des sculptures qu’il réalise, il a été élevé en Côte d’ivoire, le capital statues de sa famille a été dispersé et il n’est pas forgeron. Cela donnera tout son sens à sa participation ultérieure à mes enquêtes. Ces questions d’attributions, de différence de styles et de signification des statues l’intéressent lui-même au plus haut point. Mais ses déclarations contiennent aussi la part de modestie que lui imposent son statut de « copiste », son âge et son aimable caractère de jeune bien élevé. Je ne fais que des copies, je ne sais pas ce qu’elles signifient. Je n’ai pas la connaissance des forgerons, je ne peux pas travailler aussi bien qu’eux. Mes outils ne sont pas aussi puissants que les leurs. Je ne mets pas de feu dans mon travail. Ses outils ressemblent beaucoup à ceux des forgerons, comprenant des herminettes de différentes tailles, des burins, des limes. Les forgerons sont aussi les maîtres qu’il respecte et admire. Il a appris à leur contact, passant des journées entières à étudier leurs gestes, puis s’exerçant à leur art en cachette. Mais ce « vol » (selon ses propres termes) de savoir-faire ne peut être total. Il ne s’autorise pas à commencer une représentation humaine par la tête, comme le font les forgerons. Il commence par les pieds. Il n’ajoute jamais de décorations pyrogravées, pour ne pas manier le feu, n’exécute pas de serrures, car il faut leur adjoindre du fer. Mais il entend avec fierté que son travail puisse être comparé ou comparable à celui d’un forgeron. Il ne voudrait pas pour autant qu’on le confonde avec un forgeron, ces gens aux origines mystérieuses ou suspectes, on ne sait même pas d’où et comment ils ont été créés. Il s’étonne (avant de connaître Allaye) que je puisse passer autant de temps auprès des forgerons, que je partage mes repas avec eux et que je ne craigne pas, dans cette proximité, perdre de mon statut social... Les Dogon ne s’y autoriseraient pas… Mais, pourtant, quand on a besoin d’eux…Les forgerons peuvent résoudre beaucoup de problèmes… de toute sorte… L’étendue des situations que le forgeron peut « arranger » va en effet du traitement thérapeutique au règlement de conflits. Bruno Martinelli a consacré un article12 au rôle de conciliateur qui échoit aux forgerons dogon et moose. Largement partagé dans toute la région, le pouvoir d’imposer le pardon, en faisant cesser les représailles dans un conflit, s’assortit du pouvoir d’interdire et de maudire ceux qui refusent cette conciliation. Selon les parties du pays dogon, le statut du forgeron varie, constituant par rapport au « pardon », la seule instance ou bien l’une des instances de pacification. Dans la plaine, les forgerons dyemmem ont un statut proche de celui des forgerons du Yatenga (auxquels ils sont étroitement affiliés sur le plan clanique). Dans la falaise où les forgerons irî-ne ont un statut subalterne, le pouvoir de pacification est partagé avec d'autres détenteurs de pouvoir sacralisé (D. Paulme13, 1940 : 186). Les forgerons yemmen na Kassambara de Tintam interrogés plus tard, insisteront sur leur pouvoir paradoxal qui leur fait fabriquer des armes mais aussi arrêter la guerre.
… Aux paroles d’Allaye et de Youssouf font écho les phrases écrites par Michel Izard dans sa thèse sur l’histoire des forgerons du Yatenga. D’un côté, la fierté de posséder les secrets de sa caste, de l’autre une admiration fortement teintée d’ambivalence. Les forgerons n’ont pas d’histoire. Ces démiurges venus du ciel, ces hommes de bonne volonté sur la terre, ces durs travailleurs indispensables à la conquête de la nature mais tenus à l’écart de savoir de trop lourds secrets, sont des gens du mythe, qui ne connaissent ni pays, ni frontière, que l’évidence de la présence du métal. Heureux, précisément ou plus exactement vivant dans cette paix dominée de ceux qui ont élaboré une sorte d’orgueilleuse compréhension du sort injuste qui leur est fait, comme si l’ingratitude du plus grand nombre était le seul salaire de la connaissance mise au service de tous, son fruit amer au suc étrangement savoureux14. Cet étrange mélange d’admiration certaine et de mépris où l’on tient les forgerons a été longuement décrit par tous les Africanistes. D’autres citations prestigieuses pourraient en détailler les modalités. On ne peut pas manquer d’en constater la réalité sur le terrain. Le statut du forgeron dogon est-il plus original que celui de ses homologues ouest africains ?
L’ambivalence manifestée au forgeron est-elle plus forte, émanant de quelqu’un qui aime sculpter, et qui gagne sa vie en sculptant ? La concurrence économique que se livrent forgerons et sculpteurs sur le marché des objets touristiques n’explique peut-être pas tout. La sculpture apparaît comme un nouveau débouché offert par la progression du tourisme. Mais lorsqu’elle constitue une des ressources principales d’un adulte qui n’appartient pas aux castes, reste-t-elle une activité anodine ? Qu’on en juge par le long combat du sculpteur contemporain Amahiguéré Dolo entre son impétueux désir de se consacrer à la sculpture et l’interdit qui le pousse à renoncer à sa vocation15. Des années d’hésitation puis d’incompréhension de la part de son entourage scelleront ce choix. Le forgeron yemmen na Kassambara de Tintam insiste lui aussi sur cet aspect : Avant les sculptures, c’était le totem [interdit] des dogon. La sculpture c’était uniquement pour les forgerons. Il avoue s’être caché pour certaines réalisations car les Dogon copient. La position de sculpteur non-forgeron pourrait être relativement inconfortable, car on y frôle le changement d’identité de métier et donc de statut… Ne serait–elle pas potentiellement dangereuse, comme tous les choix qui comportent un aspect transgressif ? On m’a parfois laissé entendre, à mots couverts, qu’elle nécessitait quelques protections magiques, (mais qu’est-ce qui ne le nécessite pas ?) pour combattre, aussi, sans doute, le sentiment d’illégitimité de cette activité. Mais différents niveaux d’ambiguïté et d’ambivalence semblent entourer la sculpture, brouillant les pistes qui permettent de remonter à une origine ou un auteur.
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médecines traditionnelles
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Statues dogon actives : Youssouf Dara, sculpteur fabricant de copies
Landais, Laurence (1961-....)
Youssouf Dara, jeune sculpteur de Kundu, réalise ici le « portrait » du jeune homme peul filmé à ses côtés et commente les transpositions opérées. Il réalise habituellement des copies qui alimentent le marché des objets touristiques. N'étant pas forgeron, il n’est pas autorisé à commencer par la tête. Documents associés Extraits de Statues actives. Le mouvement dans la statuaire africaine. « Bois » anthropomorphe tshokwe et dogon. Thèse co-dirigée par LOUIS PERROIS et JEAN POLET. Doctorat en histoire de l'art et archéologie, Université Paris1.Année 2004-2005. (Auteur Laurence Landais) Ces extraits correspondent aux pages 421-431 du Tome deux, Statuaire dogon, un jeu d'énigmes, dans la partie Elèments d'enquêtes sur le terrain, producteurs et utilisateurs d'objets. L’entrée sculpteurs / Forgerons et non forgerons (..
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Statues dogon actives : Allaye Samasekou, forgeron sculpteur
Landais, Laurence (1961-....)
Issu d'une famille de forgerons, Allaye Samasekou en a reçu l'initiation et la maîtrise de sa technique. Il sculpte ici un «vieux qui marche». Après avoir marqué ses repères, il commence toujours par dégager la tête du billot de bois initial. En temps réel, le travail a duré de 2 à 3 heures. Documents associés Extraits de Statues actives. Le mouvement dans la statuaire africaine. « Bois » anthropomorphe tshokwe et dogon. Thèse co-dirigée par LOUIS PERROIS et JEAN POLET. Doctorat en histoire de l'art et archéologie, Université Paris1.Année 2004-2005. (Auteur Laurence Landais) Ces extraits correspondent aux pages 421-431 du Tome deux, Statuaire dogon, un jeu d'énigmes, dans la partie Elèments d'enquêtes sur le terrain, producteurs et utilisateurs d'objets. L’entrée sculpteurs / Forgerons et non forgerons (...) L’entrée « pro
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Regards ethnographiques à propos des amulettes et du guérissage. Sénégal, Guinée, Mali, région parisienne 1983-2012.
Montage d'extraits de films ethnographiques relatifs à la vie quotidienne et aux consultations de devins-guérisseurs, présentant les usages et les fabrications d'amulettes, réalisé pour les projections permanentes de l'exposition de l’Institut du monde arabe de Tourcoing de 2014.
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Du rite au soin : toilette et guérissage à Joal (Sénégal, décembre 1997)
À Joal, dans une petite concession très pauvre d'un quartier inondable habité par une veuve, deux de ses enfants et petits enfants, nous assistons à la toilette matinale et au petit déjeuner des neveux et nièce de Aliou, Henri Diouf, un jeune homme sérer, musicien, récupérateur à ses heures, collaborateur de l'anthropologue, fiancé-époux d'une jeune femme avec laquelle il ne réussit pas à avoir un enfant. Tandis que la maman des enfants prépare le petit déjeuner, la grand mère berce le nouveau né. La caméra suit attentivement les comportements de la fillette de 2-3 ans, qui du fait de l'arrivée de son petit frère n'est plus le centre de l'attention générale et qui, peu souriante, pleurniche facilement (cf. chap. Toilette et petit déjeuner des neveux de Aliou Henri Diouf). La maman des enfants effectue la toilette complète du nouveau né,
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Autre
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Petits moments dans une famille de musiciens sérers (Toilette, danse et guérissage), Joal, décembre 2009
Epelboin, Alain (1952-.... ; médecin et ethnologue)
décembre 2009, Joal, Sénégal 01 Toilette et façonnage d'un nouveau né sous le regard de ses "tantes" 02 Danse, jeu et sexe pour rire 03 Jouer pour apprendre à danser 04 Soigner des yeux par extraction du mal Acteurs - Ndey Degen, le nouveau-né fille et sa maman Mariama - Aissatou, la laveuse, grand mère et ses deux plus jeunes enfants Fama et Mama - Souley Thiam, le grand-père, griot et guérisseur, et sa cliente souffrant des yeux - des voisines Auteur -réalisateur - caméra : Alain Epelboin Montage : Alain Epelboin, Annie Marx, Jean-Louis Durand
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Chronique aka 1987-1992 : vie quotidienne, malheur et guérissage chez les Pygmées aka de République centrafricaine.
Epelboin, Alain (1952-.... ; médecin et ethnologue)
Montage d'extraits de la Chronique aka 1987-1993 pour le vidéodisque interactif réalisé pour l'exposition "lhomme et la santé", Cité des Sciences et de l'Industrie, La Villette, Paris 1993
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Fécondité, gémellité et souveraineté en pays anyi (Côte d’Ivoire)
Duchesne, Véronique (1963-....)
Ce document présente trois rituels qui consacrent la fécondité en pays anyi. Le premier a lieu à Assié Akpessé (département de Mbatto). C’est le rite de présentation du 10e enfant, appelé Brou - qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille (ce qui signifie « dix »). Signe d’une grande progéniture, cet enfant est l’objet d’attentions particulières. Quelques jours après sa naissance, une cérémonie est organisée au sein de la cour familiale : une toilette rituelle du nouveau-né, le sacrifice de poulets, et enfin l’installation dans la chambre à coucher de son « autel protecteur », avec l’accompagnement de chants spécifiques. Le second a lieu à Kangandissou (département de Bongouanou). C’est le rite de renouvellement de « l’autel de protection » d’un Jumeau (Nda) et de sa puinée (Amanê) car l’un des jumeaux est décédé à la n
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Elvis, Dogon des montagnes
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Au coeur du pays Dogon, le long de la falaise de Bandiagara; Elvis, 42 ans promène sa “maladie mentale”. De village en village sa silhouette, rappelle à sa tante l’enfant qu’il fut, à d’autres l’ami qu’il est, et enfin à nous tous l’homme que nous pouvons respecter.
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Entretien
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Anthropologie de la maladie et du mythe au Laos et en Asie du Sud-Est
Pottier, Richard (1940-2020 ; ethnologue)
Richard Pottier est professeur d’ethnologie à l’université René Descartes, Paris V, faculté des sciences humaines et sociales, Sorbonne. Il est membre du laboratoire « Langues, Musique et Société», unité mixte de recherche 8099, du comité national du CNRS. Spécialiste du Laos, il travaille dans les domaines de l’anthropologie de la maladie et du mythe (mythes de la riziculture). Dans le cadre de son travail sur l’analyse des pratiques thérapeutiques au Laos, il a été fonctionnaire de l’OMS (de 1973 à 1979). Lors de cet entretien, Richard Pottier explique tout d’abord les enjeux du projet, développé au sein de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), sur le système de santé Lao. Il détaille ensuite ses trois principaux sujets d’études universitaires : - les recherches socio-anthropologiques sur le système de santé lao, qui ont fait
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Chronique des Pygmées Babongo, avril - mai 2008Divination de la cause de maux de ventre, par la chute de morceaux d’écorces, 13 avril 2008, Doumé
Epelboin, Alain (1952-.... ; médecin et ethnologue)
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Chronique aka, Akungu décembre 1994 : cure de la migraine de Bonéné et histoire de la folie de Koti
Epelboin, Alain (1952-.... ; médecin et ethnologue)
Cure de la migraine de Bonéné et histoire de la folie de Koti, des crises migraineuses qui la poussaient à fuire en forêt Bonéné profite du passage d'un guérisseur pour se faire soigner ses maux de tête, sa migraine. Après avoir tergiversé, le guérisseur accepte de la consulter et devine la présence de mauvais sang dans sa tête responsable de ses maux. Il lui fait scarifier le front par Bokayo, puis suce le sang et va le cracher derrière la maison. 0 s Le nganga, le devin-guérisseur, se fait prier pour consulter 1 mn 41 Repérage du mauvais sang dans le front de Bonéné 2 mn 10 Rasage du crâne de Bonene par Bokayo pour permettre l'extraction 3 mn 11 Scarification et saignement du front de Bonéné 4 mn Succion de la zone scarifiée par le nganga 5 mn
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Soins des maux de dos de l’ethnologue par un devin-guérisseur bambara à Bamako 1995
L'ethnologue consulte Kalifa Diarra, quartierun devin guérisseur bamabara pour des maux de dos réels. Le guérisseur effectue des effleurements thérapeutiques du dos avec des récitations appropriées et application d'une poudre végétale noire. Puis, il lui propose de lui enseigner la divination par géomancie.
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Biljana la femme-guérisseuse, Budisava, Serbie
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Biljana la femme-guérisseuse, Budisava, Serbie un film de Maria Vivod
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Cavadee, dix jours de cérémonies en l'honneur du dieu Mourouga dans l'hindouisme réunionnais
Pourchez, Laurence (19..-....)
Les dix jours de cérémonies conduites en l’honneur du dieu Mourouga visent à protéger l’individu de la maladie et du malheur. Le cycle rituel s’achève par une procession durant laquelle les pénitents défilent sur plusieurs kilomètres, le corps transpercé d’aiguilles, tout en portant le cavadee, arche de bois pouvant peser plusieurs dizaines de kilos.
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Consultations de Souley Nyakh, tradipraticien à Joal (déc. 2012)
- "versements" aux pangols domestiques, onctions et fabrication d'amulettes
- visite et "versements" aux habitants d'une forêt de baobabs sacrés
Epelboin, Alain (1952-.... ; médecin et ethnologue)
- "versements" aux pangols domestiques, onctions et fabrication d'amulettes Le tradipraticien sérer Souley Niakh de Joal, au Sénégal, âgé d'une quarantaine d'années, reçoit simultanément deux clients dans sa chambre. Il les fait asseoir sur le lit et des fauteuils en plastique. Lui-même est installé sur une natte synthétique posée à côté du lit, les jambes écartées devant un boubou-tunique en toile de coton traditionnelle, recouvert d'une crasse patinée correspondant à des versements de sang de poulets sacrificiels. D'une sacoche noire à plusieurs poches, de type pour ordinateur, il extirpe les objets du rituel : un "chasse mouche", bâton de pouvoir en crins de cheval noir, montés sur un manche gainé de tissu rouge, enroulé dans une coudée de bande de tissu de coton artisanal bicolore ; un sachet plastique d'une poudre, p
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Guérir des visions nocturnes : pratique de soin par un devin-guérisseur aka du village d'Enyelle, Likouala, Congo
Duda, Romain (19..-....)
Armand, 14 ans, souffre de visions nocturnes depuis plusieurs années. Ses rêves sont régulièrement visités par des Mami Wata, sirènes ou génies des eaux symboles de sexualité et de féminité. Ces rencontres nocturnes empêchent Armand de dormir. Persuadé que le problème tire son origine dans un conflit familial lié à sa femme, Arnold, le père d’Armand fait appel au vieux Longo, nganga réputé des environs d’Enyellé. Armand et son père ne sont pas "Pygmées" Aka mais comme il est d’usage localement, la consultation des devins-guérisseurs aka est privilégiée. Ils excellent en effet dans la recherche de la causalité du mal et la résolution de troubles paraphyschologiques, d’attaques sorcellaires, ou plus généralement dans la gestion des relations avec le monde de l’invisible. Au centre de la parcelle d’Arnold, le vieux Longo pratique une fumiga
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Mumbwiri, rite thérapeutique : initiation d’une femme et d’un enfant nzebi
Dupuis, Annie (19..-....)
Deux malades sont traités au cours de ce rituel, la jeune femme pour devenir féconde, l’enfant pour guérir d’une grave et ancienne toux à laquelle aucun traitement n’a pu remédier. Le rituel requiert la possession par les génies et la prise du bois sacré l’« iboga », qui doivent conduire à la guérison. Le rituel se déroule sur deux jours et deux nuits au village et en forêt. Le film commence avec la présentation de l’espace rituel, dans lequel au cours de la nuit s’est déroulé la cérémonie. Les génies sont appelés à investir les participants et la malade par le jeu des instruments de musique (harpe, tambours, percussions, corne) qui accompagnent les chants et les danses. . Les membres de la société encadrent la postulante. Des soins sont donnés à la malade par la guérisseuse et des membres de la société : aspersions au moyen
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Sainte Manoubia soufisme et spiritualité féminine
Rahal, Ahmed (19..-.... ; ethnologue)
Rituel féminin au sanctuaire de Saida Manoubia, dans la banlieue Nord de Tunis. Les adeptes viennent tous les dimanches participer à la cérémonie de transe animée par des officiantes femmes. Ces rituels sont exclusivement réservés aux femmes qui viennent également consulter et présenter des offrandes à la sainte.
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Chronique aka, 12 décembre 1989, Motonga, RCA : petit déjeuner et extraction du mal d'une femme enceinte
Une matinée ordinaire à Motonga dans le campement du célébre nganga, devin-guérisseur, Monduwa. 0 s Un des fils de Monduwa, âgé de 7-8 ans, prend son petit déjeuner seul en face-à-face avec sa maman Bozanga. Il croque les morceaux de chicouange (farine de manioc cuite à l'étouffée dans des feuilles de bananier) avec ses canines : ses incisives supérieures, taillées en pointe, ne lui servent plus que d'embelissement du sourire. Il doit défendre sa pitance contre un jeune chiot qu'il repousse à coups de coude, et qui, frustré, finit par se gratter le cou énergiquement. 1 mn 12 Monduwa prépare des paquets de feuilles et d'écorces pour ses clients... 1 mn 35 Puis, nous retrouvons Monduwa revenant de l'arrière de la maison où il a été jeté des ndunga, des ndoki, des substances maléfiques qu'il a extraites du ventre d'une femme enceinte, l'épou
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Guérir des visions nocturnes : pratique de soin par un devin-guérisseur aka du village d'Enyelle, Likouala, Congo
Duda, Romain (19..-....)
Armand, 14 ans, souffre de visions nocturnes depuis plusieurs années. Ses rêves sont régulièrement visités par des Mami Wata, sirènes ou génies des eaux symboles de sexualité et de féminité. Ces rencontres nocturnes empêchent Armand de dormir. Persuadé que le problème tire son origine dans un conflit familial lié à sa femme, Arnold, le père d’Armand fait appel au vieux Longo, nganga réputé des environs d’Enyellé. Armand et son père ne sont pas "Pygmées" Aka mais comme il est d’usage localement, la consultation des devins-guérisseurs aka est privilégiée. Ils excellent en effet dans la recherche de la causalité du mal et la résolution de troubles paraphyschologiques, d’attaques sorcellaires, ou plus généralement dans la gestion des relations avec le monde de l’invisible. Au centre de la parcelle d’Arnold, le vieux Longo pratique une fumiga
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SANSARI. La déesse et le corona en Himalaya
Schlemmer, Grégoire (1974-....)
Fin mars 2020. Dans un village du Népal, touché comme le reste du pays — et du monde — par le confinement, la nouvelle du virus se répand. Des villageois décident d’avancer le rite à Sansari, déesse des épidémies, en l’adaptant aux circonstances du moment. Rapport au politique, rapport à la nature, place de l’étranger, respect de la tradition et adaptation au changement, responsabilité humaine et divine, rumeur et discours savant… Comme ailleurs, on cherche quoi penser et quoi faire, et on bricole d’incertaines réponses. C’est l’occasion de découvrir d’autres réflexions sur la crise actuelle liée au virus, un regard décalé, qui fait pourtant étrangement écho à ce qui se dit et se fait dans les autres parties de ce monde que l’épidémie actuelle a participé à rendre toujours plus global. Film documentaire de Grégoire Schlemmer, ethnologu
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