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Le racisme différencialiste - Un entretien avec Étienne Balibar


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Le racisme différencialiste - Un entretien avec Étienne Balibar

Le racisme différencialiste

 

Un entretien avec Étienne Balibar

Le philosophe Etienne Balibar revient sur une forme de mutation du racisme observée depuis les années 1970 et que l’on peut définir comme un déplacement de l’idéologie raciste, depuis une conception biologique de la race, vers une conception plus culturelle.

Pour décrire ce phénomène, les chercheurs ont alors parlé de racisme différencialiste, de néo-racisme, voire de « racisme sans race ». On serait donc passé d’un schéma de hiérarchisation qui opposait des races supérieures à des races inférieures, à un schéma de différenciation, qui placerait en son cœur l’impossibilité du mélange. Il n’y aurait donc plus une « biologisation » des différences, mais une « culturalisation » de celles-ci. Il s’agit d’un processus tout autant essentialiste que le premier.

L’idée d’une mutation du racisme est aussi à confronter à l’idée de l’existence de « cycles du racisme ». Etienne Balibar met ici en avant une question clé – la nature du racisme change-t-elle réellement ou serait-elle au contraire tributaire des changements historico-politiques qui l’amèneraient à passer au premier ou au second plan ? L’analyse de l’évolution de la notion doit s’appuyer sur trois dimensions distinctes mais complémentaires, historique, anthropologique et politique.

Enfin, Etienne Balibar élargit le débat et s'interroge sur l’utilisation (ou la non-utilisation) du terme « race » en France aujourd’hui et sur les enjeux posés par la pensée universaliste. En revenant sur la problématique « faut-il supprimer le mot de race de la Constitution », Etienne Balibar se demande si le mot de « race » peut être compris comme un outil pour comprendre la différence ? Les mutations du racisme nous invitent à nous demander s’il y a véritablement un universalisme au-delà des différences et si penser la différence c’est forcément penser la division.

 

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