Conférence

“Tuer-Conserver-Faire revivre ?” Conférence de Lotte Arndt et Samir Boumediene

Réalisation : 26 novembre 2020 Mise en ligne : 26 novembre 2020
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Descriptif

“Tuer-Conserver-Faire revivre ?” 

Lotte Arndt et Samir Boumediene abordent les pratiques de la collecte coloniale et de la conservation muséale qui séparent leurs objets de les environnements évolutifs et périssables dans lesquels ils ont été collectés, pour les transférer dans des collections qui aspirent à les rendre matériellement stables et durables dans le temps. Ainsi réifiés et recontextualisés dans les dispositifs muséaux, plantes, artefacts, savoirs et restes humains sont réduits en objets classés et disponibles pour les sciences de la vie ou l'anthropologie.

À partir de leurs recherches respectives, sur les biocides dans les collections muséales pour Lotte et l'histoire de la patrimonialisation du savoir pour Samir, ils elles proposent de retracer les reconfigurations de certaines formes de conservation, d’examiner leurs implications épistémologiques, et d’interroger les possibilités de les faire revivre. 

Lotte Arndt est théoricienne, curatrice et enseignante à l’ESAD sur le site de Valence. Elle accompagne le travail d’artistes qui questionnent le présent postcolonial et les antinomies de la modernité dans une perspective transnationale. Elle mène actuellement une recherche sur la conservation toxique et les apories des collections post-impériales. 

Elle fait partie du groupe de recherche artistique On-Trade-Off et du comité éditorial de la revue du Centre d’art La Criée, Rennes. Elle a collaboré avec l’artiste Sammy Baloji dans le cadre du projet Extractive Landscapes (Salzburg 2019). On peut aussi nommer les projets Tampered Emotions. Lust for Dust, Triangle France (2018) et Candice Lin: A Hard White Body (2017, commissariat avec L. Morin) à Bétonsalon, Paris. Elle a publié Crawling Doubles. Colonial Collecting and Affect (ed. avec Mathieu K. Abonnenc et Catalina Lozano), B42, 2016.

Samir Boumediene est chercheur à l'Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités à l’ENS-Lyon. Il travaille sur l'histoire des savoirs et du phénomène colonial à l'époque moderne. Il a publié à partir de sa thèse de doctorat l’ouvrage intitulé La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du “Nouveau Monde” (1492-1750), en 2016, dont nous avons eu le plaisir de lire des passages avec nos étudiant.e.s en Initiation à la recherche l’an dernier.

Dans la continuité de cet ouvrage consacré à l'appropriation par les Européens des pharmacopées américaines, ses recherches actuelles suivent deux directions : d'une part une étude sur l'usage du questionnaire et de l'enquête en Amérique coloniale et, d'autre part, une relecture critique de la notion de "découverte".

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