Entretien

Géraldine Casutt

Réalisation : 31 mai 2016 Mise en ligne : 31 mai 2016
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
  • audio 1 audio 2 audio 3
Descriptif

Géraldine Casutt revient sur l'engagement féminin en Occident et sur les femmes formées au djihad et partant pour la Syrie. Le phénomène est "contre-intuitif" car il renvoie au double défi de penser le rapport actif des femmes à la violence et le devoir individuel d'être aussi épouse et mère pour être djihadiste à part entière.

Thèmes
Notice
Contacter
Documentation

Géraldine Casutt

 

Géraldine Casutt is writing her thesis in Religious Studies at University of Fribourg, Switzerland, and at the School for Advanced Studies in the Social Sciences, Paris, where she works on Western, particularly French, female engagement in the contemporary issue of jihadism.

Géraldine Casutt est doctorante en sociologie des religions à l’Université de Fribourg (Suisse) et à l’EHESS (Paris), où elle travaille sur l’engagement féminin occidental, plus particulièrement français, dans le phénomène jihadiste contemporain.


,

Femmes occidentales dans le jihad : un engagementcontre-intuitif ?


Si lejihad est souvent considéré comme étant une affaire d’hommes, les femmes quivalident les thèses de cette idéologie politico-religieuse ne manquent pas.Selon les chiffres récents du Ministère de l’Intérieur français, les femmesreprésenteraient même 46% des effectifs jihadistes en Syrie et en Irak.Cependant, la présence de femmes occidentales dans une entreprise jihadisten’est pas nouvelle : les égéries telles que Malika el-Aroud ou SamanthaLewthwaite ont précédé Hayat Boumedienne. Aujourd’hui, il semblerait donc quela particularité de cet engagement féminin réside non seulement dans le nombreimportant de femmes impliquées, mais aussi dans leur âge souvent précoce. Bienque le jihadisme ait déjà connu des Occidentales dans ses rangs, l’explicationd’un attrait féminin et post-Mai 68 pour de telles thèses reste difficile àarticuler. Si les femmes ne peuvent pas combattre au même titre que les hommes,en ayant accès à la même violence directe, quel intérêt auraient-elles à partirlà-bas pour n’être « que » femme au foyer ? De plus, comment une femme ayantété socialisée en Occident, qui a grandi avec une image idéalisée de la femmeindépendante, peut-elle se souhaiter une vie de soumission et de contraintes entoute connaissance de cause ? Face à un engagement féminin pouvant êtreressenti comme contre-intuitif, nous verrons que la rhétorique de lamanipulation est souvent privilégiée lorsqu’il s’agit d’essayer de comprendrepourquoi des femmes se disent prêtes à mourir comme les hommes, pour desarguments jihadistes auxquelles elles croient de la même façon qu’eux.

Western women in jihad : a counter-intuitiveengagement ?

Jihad is often considered as amasculine issue but there are a great number of women writing theses on thispolitical and religious ideology. According to recent data from the FrenchMinistry of the Interior, 46% of jihadists in Syria and Iraq are women.Nevertheless, the presence of Western women in jihad is not novel: role modelssuch as Malika el-Aroud or Samantha Lewthwaite came before Hayat Boumeddienne.Nowadays, it would seem that the feature of this female engagement lies notonly in the high number of women involved but also in their very young age.Despite the fact that jihadism has attracted Western women in the past, theexplanation for a female attraction for such a thesis, in the post May 68context, is still difficult to articulate. If women are not able to combat atthe same level as men, whilst facing the same direct violence, what would bethe interest in leaving to merely end up as a stay-at-home mother? Moreover,how would a woman whose social norms correspond to Western standards and whogrew up with the idea of a woman as an independent being, knowingly wish for alife of submission and strains? This female engagement may seem counterintuitive but we shall see that the rhetoric of manipulation is to beprioritized when it comes to understanding why women claim to be ready to facedeath just like their male counterparts, for jihadist arguments they believe injust as much as them.



Dans la même collection