Entretien

Harith Hasan Al-Qarawee

Réalisation : 31 mai 2016 Mise en ligne : 31 mai 2016
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Harith Hasan al-Qarawee est chercheur au Centre d’Etudes du Moyen-Orient de Crown, à l’Université de Brandeis. Ses recherches se concentrent sur les relations entre la société et l’Etat, les transitions politiques, et les politiques d’identité en Irak et au Moyen-Orient.

 

Harith Hasan al-Qarawee is a fellow at the Crown center for Middle East Studies, Brandeis University. His research focuses on state-society relations, political transitions, and identity politics in Iraq and the Middle East

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La radicalisation, le sectarisme et le “problème sunnite” en Irak




Ma présentation vise à explorer la relation entre sectarisme et radicalisation chez les sunnites irakiens. L’objectif étant de ré-explorer deux questions clés qui n’ont été que partiellement ou insuffisamment explorées dans la littérature existante:

En premier lieu, la montée d’ISIS peut-elle être vue comme la conséquence inévitable des divisions sectaires en Iraq et des tensions entre sunnites et shi’as ? À travers une présentation nuancée des liens entre sectarisme et djihadisme, j’explique que les tensions sectaires dues aux ambitions des deux communautés religieuses (en matière de contrôle de l’Etat et de ses ressources) ne mènent pas inévitablement à une montée du djihadisme global. Ce sont les groupes djihadistes qui ont tendance à profiter de la faiblesse étatique, de l’instabilité et des divisions communautaires pour étendre leurs réseaux. Néanmoins, lorsque ces réseaux deviennent les outils de rébellion les plus efficaces, ils attirent plus de recrues non-djihadistes qui, dans certaines circonstances, modifient la structure des groupes et leurs objectifs. Si cela est vrai, est-il dès lors nécessaire d’explorer la deuxième question : dans quelle mesure ISIS est-il un produit du sunnisme irakien? J’explique que dans ses échanges complexes entre conflit et négociation avec les sunnites irakiens, ISIS ne cherchait pas à les « représenter ». Son noyau djihadiste cherchait à représenter une certaine forme de sunnisme, très peu liée aux objectifs des sunnites irakiens. L’Irak fut témoin d’un phénomène d’invention d’une communauté « sunnite » après 2003, qui accompagnait et devenait nécessaire à la tension grandissante avec les Shi’as irakiens. Ceci eut pour résultat un conflit incessant sur la signification du sunnisme, en particulier entre ceux qui le considèrent comme une identité transnationale et ceux qui cherchent à le transformer en une communauté sectaire. Enfin, cette présentation étudie les implications du conflit pour l’Irak post-ISIS.


Radicalization, Sectarianism and the ‘Sunni Problem’ in Iraq


 

My presentation discusses the relationship between sectarianism and radicalization among Iraqi Sunnis. The objective is to re-explore two key questions that were superficially or insufficiently addressed in the existing literature :

First: Was the rise of ISIS an unavoidable outcome for the heightened sectarian divide in Iraq and tensions between Sunnis and Shi’as?

Presenting a nuanced account of the relationship between sectarianism and jihadism, I argue that the sectarian tension between two religious communities competing for more control over the state and its resources does not inevitably lead to the rise global jihadism. It is the latter (global jihadist groups) that tend to take advantage of state fragility, instability and communal divisions to expand its networks. However, when those networks become the most effective ‘rebellious’ tools, they attract more non-jihadi recruits who, in certain circumstances, begin to change the structure of the group and its objectives. 

If this is true, then it is necessary to explore the second question: to what extent ISIS was an Iraqi Sunni product?

Here I argue that in its sophisticated relationship of both conflict and negotiation with Iraqi Sunnis, ISIS did not aim to ‘represent’ them. Its jihadi core sought to ‘represent’ and lead a certain type of “Sunnism’ that was largely unrelated to the objectives of Iraqi Sunnis as an ‘imagined community’. Iraq has witnessed a process to invent a ‘Sunni’ community following 2003; a process which was accompanied and necessitated by the heightened tension with Iraqi Shi’as. This resulted in a continuous conflict on the meaning of ‘Sunnism’, particularly between those who view it as a transnational identity and those who seek to turn it into a ‘sectarian community’.

Finally, the presentation examines the implications of this conflict for post-ISIS Iraq.

 


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