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Langue :
Français
Crédits
Pascal CESARO (Réalisation), Denis Gheerbrant (Intervention)
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
Citer cette ressource :
Denis Gheerbrant. Télé AMU. (2010, 1 octobre). Les stratégies de réalisation documentaire (Penser le cinéma documentaire : leçon 7). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/50089. (Consultée le 26 février 2024)

Les stratégies de réalisation documentaire (Penser le cinéma documentaire : leçon 7)

Réalisation : 1 octobre 2010 - Mise en ligne : 1 octobre 2010
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Descriptif

Cette leçon est une invitation à découvrir l’œuvre de Denis Gheerbrant et à s'interroger sur notre rapport au réel :

Pourquoi a t-il choisi le Cinéma Documentaire ? Est-ce pour se confronter à l'imaginaire du monde ?

Qu’est-ce qui se répète d’un film à l’autre : L'expérience de la parole ?

Comment perçoit -il les évolutions d’une œuvre à l'autre ?

Quelle est sa manière d'organiser le champ sonore dans ses films (le réalisateur n’ajoute pas de commentaire à ses films, utilise que des sons directs...) ?

Quels sont les moyens d’expression cinématographique qu'il a choisi pour raconter la « réalité » : Le rapport Filmeur - Filmé

Quels sont les notions du cinéma qu'il utilise principalement : la voix off, le montage, le plan séquence, le hors champ...

Comment conçoit-il une écriture documentaire singulière sur chaque film (scénario, tournage et montage)

DENIS GHEERBRANT: « Le cinéaste en situation documentaire agit comme le bricoleur, il a un projet avec une forme et souvent des couleurs dans la tête. Pour moi le projet, en ce sens, n’est pas tant un sujet qu’une question, une question à l’œuvre tout au long du processus d’un film, des repérages au mixage, je pourrais même dire jusque dans son achèvement par le spectateur. Ce qui me permet d’articuler le déroulement d’un film, qui vient travailler cette question, c’est une parole dans un corps qui émerge comme dans une première fois d’abord pour celui qui l’énonce. C’est cela que je cherche à provoquer, cette émotion de la pensée qui affleure, là, devant nous. C’est dans cette émotion que je peux construire une ligne d’image, comme on dit une ligne mélodique, souvent des paysages, des fragments de l’espace urbain, comme de haïkus. » « La rencontre du cinéma direct, c’est justement quand les scénarios du réel rencontrent nos scénarios imaginaires. L’imaginaire des gens qu’on filme rencontre notre propre imaginaire et ils se construisent un scénario. » « Le problème n’est pas d’être discret, ni d’être derrière la porte mais d’être encore plus là. Notre problème, c’est de filmer par rapport à quelqu’un d’autre, le grand absent de cette histoire : le spectateur. Nous sommes en train de faire quelque chose pour quelqu’un d’autre, qui est signifié par la caméra. » « Quand je filme seul, ce qui m’intéresse, c’est de casser le flux du vécu : on est dans une relation, on interrompt la relation, et on entre dans un film. Mon regard ne soutient plus la relation. C’est le fait de filmer qui est la relation. C’est violent, c’est beau et c’est fort, et là on fait un film pour les autres qui n’est jamais l’enregistrement d’une relation. »

Intervention
Thème
Documentation

Voir les extraits des films analysés dans la leçon:

- ET LA VIE , Un film de Denis GHEERBRANT, France - 1991

Durant une année, de Marseille à Charleroi, de Bruay à Genève, à travers des banlieues du bout du monde et des usines en friche, le cinéaste a remonté les lignes de ruptures de la civilisation engendrées par des industries condamnées.
De ces paysages incertains des personnages viennent à nous :
- Au premier plan, un jeune homme aux cheveux longs parle de son futur, au loin un terril abandonné ressemble au Fuji-Yama.
- Une sage-femme, les yeux baissés, se souvient de son passé. Elle regarde la caméra quand elle parle de son présent.
- Dans son usine détruite, un homme raconte sa naissance.
- Une jeune africaine chante à son petit frère « je ferais un rêve lorsque je reviendrai ».
Entre des parents en panne de transmission et des orphelins de sens, résonnent des paroles qui sont des vies

- MARSEILLE REPUBLIQUE, Un film de Denis GHEERBRANT, France - 2009

La République Marseille, qui sort aujourd'hui en salle, permet de découvrir son projet le plus récent, fruit de deux ans de travail : une série de sept films tournés dans les quartiers populaires de Marseille, sous forme de court, moyen et long métrages. Le principe de la série consiste à croiser, pour chaque film, un lieu précis avec la parole d'un personnage principal qui l'habite et nous le fait découvrir.
« Rendre compte en sept films d’un état présent du peuple et du monde : le projet de Denis Gheerbrant, inlassable arpenteur, est unique. D’une ampleur inédite, quasi démesurée, La république Marseille fait en effet date dans l’histoire du documentaire en France. Dans les quartiers populaires de la ville, c’est l’humanité même qui vient à notre rencontre. En dépit de ce qui les menace, les fragilise ou les lamine, ces femmes et ces hommes, venus de tous les horizons, ont beaucoup à nous dire : sur la mémoire et sur la politique comme sur tout ce qui fonde encore leur puissant désir d’une société commune. » Patrick Leboutte

  • L'Amour rue de Lappe, un film de Denis Gheerbrant, 1984
  • Question d'identité, 1986
  • Et la vie, 1991
  • Une fête foraine
  • La vie est immense et pleine de dangers, 1994
  • Grands comme le monde, 1999
  • Le voyage à la mer, 2002
  • Et après, 2005

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