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L'écriture d'une histoire : rapporter les faits dans un procès. L'affaire opposant la Sorbonne au chapitre de Saint-Benoît (1274-1281)


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L'écriture d'une histoire : rapporter les faits dans un procès. L'affaire opposant la Sorbonne au chapitre de Saint-Benoît (1274-1281)

Intervention par : Denis GABRIEL, (Université d'Aix-en-Provence)

Dans le premier chapitre de son ouvrage Histoire et culture historique dans l'Occident médiéval, B. Guénée montrait les rapports entre le droit et l'histoire, par les retombées historiennes que pouvait avoir l'étude des cartulaires à des fins de défense foncière. Le cas de la Sorbonne et du cartulaire compilé au début du XIVe nous offre un exemple supplémentaire. En effet, pour les sorbonnistes de l'époque moderne comme Claude Hémeré, le cartulaire a été, au même titre que d'autres documents de la pratique des membres de la maison, une source pour l'histoire de l'institution. Dans ces documents médiévaux, on peut s'apercevoir que le droit pouvait permettre un certain type d'histoire. En effet, l'homme de droit rapporte des événements, des faits en les puisant dans les documents dans lesquels ils sont consignés. Il existe donc un type de récit dans le droit, le récit juridique. Le juriste fait une certaine histoire en se basant sur des documents et en les respectant scrupuleusement. Cette rigueur ou peut-être même rigidité documentaire est un élément à prendre en considération car il est possible que les mêmes écrivent les deux genres de récits, juridique et historique. Les hommes du Moyen Âge sont capables de faire un récit circonstancié sur des faits en se basant sur des documents... La question que l'on ne traitera pas est celle de la raison pour laquelle l'outillage technique du droit n'est pas employé en Histoire. L'homme du Moyen Âge ne manque pas de techniques ; c'est un choix délibéré de faire de l'histoire sans appliquer celles du récit juridique. Pour reprendre les termes de B. Guénée dans l'argumentaire du colloque, si les historiens du Moyen Âge pesaient des témoins, les notaires rapportaient les faits à partir des documents.
L'exposé veut mettre en évidence que l'homme de Droit du Moyen Âge (qui est passé par une formation en « arts » avant de faire son Droit) a les outils pour être précis et peut-être aussi, dans une certaine mesure, peut-il faire preuve d'objectivité. Ce sont les mêmes personnages - ou au moins sont-ils formés aux mêmes techniques - à qui l'on enseigne les techniques du droit, le la philosophie ou de la théologie, et ces techniques sont encore proches au XIIIe siècle. Réfléchir sur les modalités du « récit juridique », c'est rechercher les techniques utilisées en Droit mais aussi entamer la compréhension de l'élaboration du récit historique à la même époque.
Le cartulaire de Sorbonne permet de suivre plusieurs affaires judiciaires parmi lesquelles celle qui l'opposa au chapitre de Saint-Benoît entre 1274 et 1281. Robert de Sorbon dès 1271 a légué à la maison et à Geoffroy de Bar, chanoine de Notre-Dame, la totalité des biens dont il avait hérité ou qu'il avait acquis. La complexité de la notion de propriété à cette époque entraîne une contestation rapide de cette dévolution des biens. Ainsi commencent au moins deux affaires dont le cartulaire rapporte plusieurs actes avec le chapitre de Saint-Benoît et avec la communauté de Sainte-Geneviève.
Proche du pape depuis les démarches entreprises par Robert de Sorbon, la Sorbonne entre en procès et fait appel au souverain pontife. Dans ce cadre, plusieurs actes racontent les faits qui sont contenus dans d'autres documents fournis aussi par l'édition du cartulaire par P. Glorieux. Il s'agira de comprendre comment se construit le récit dans le cadre juridique, le contexte documentaire permettant de consulter une partie des sources et le récit final.

 

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