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Frogmore House, un décor peint de fleurs : le jeu équivoque de Mary Moser entre éphémère et éternel


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Frogmore House, un décor peint de fleurs : le jeu équivoque de Mary Moser entre éphémère et éternel

Claire TAILLANDIER, doctorante en histoire de l’art moderne, UCA

À travers Mary Moser Room, un prestigieux décor floral royal anglais, il s’agira de démontrer combien les genres et les matériaux utilisés par l’artiste offrent à l’historien de l’art une double problématique. D’une part le caractère éphémère, périssable, fugitif et transitoire de son œuvre, et d’autre part le caractère impérissable, inaltérable, infini et pérenne de ce décor du XVIIIe siècle.

À travers deux travaux de Mary Moser, nous allons tendre à démontrer combien la peinture de fleurs de cette artiste anglaise du XVIIIe siècle soulève la question de l’éphémère. Mary Moser, 1744-1819, membre fondateur de la Royal Academy (1768), est la peintre de fleurs la plus prestigieuse de son temps en Angleterre.

Frogmore House : un décor peint
La reine Charlotte lui commande la décoration totale d’une pièce de son pavillon dénommée dès la fin de la décoration « Mary Moser Room ». Cette salle fait penser à un jardin d’hiver au sein de l’édifice. Les dessus de portes sont peints par l’artiste, ainsi que tous les tableaux accrochés. C’est une profusion de fleurs dans différents formats. Mary Moser utilise un seul medium pour l’intégralité du décor : la toile, et une seule technique : l’huile. Deux références sont indéniables : d’une part le parc et ses fleurs entourant le pavillon de Frogmore House, connu dès son époque pour être un illustre jardin botanique ; d’autre part les illustrations, planches et recueils botaniques de la Reine Charlotte, qui était une fervente connaisseuse et collectionneuse de ces ouvrages. Mary Moser en avait l’accès et a pu les consulter et s’en inspirer pour ses compositions florales décoratives. Mary Moser joue de la notion de l’éphémère, du périssable, de la fugacité des fleurs cultivées dans le parc et de celles conservées dans les recueils botaniques pour sublimer et rendre pérennes ces fleurs si fragiles à travers le décor peint de ce salon, qui n’est autre qu’une ode au jardin (jardin parfait, jardin d’Éden, jardin perdu). Ces décors peints sont le fruit d’un goût, d’une époque, d’un commanditaire qui souhaite asseoir son pouvoir, et le choix du medium amovible renforce ce phénomène. Dès lors, ce salon est tant éphémère que périssable, mais aussi éternel et durable par le choix des thèmes et modèles, de la composition et des matériaux utilisés pour le créer.

Windsor : Un lit et des meubles brodés d’après les dessins de Mary Moser
Mary Moser dépasse le simple cadre formel de la peinture puisqu’elle dessine et conçoit les broderies des tapisseries destinées à une paire de chaise armoriée, de deux fauteuils, de dix tabourets et du lit à baldaquins des appartements royaux de la Reine Charlotte. Ce décor floral est éphémère par le medium, la technique et le motif choisis : la soie, les fils de soies et les fleurs qui éclosent puis disparaissent au rythme des saisons. Ces fleurs éphémères, visibles par les yeux mais seulement de manière fugace, un jour, un mois, une saison ou le temps d’une éclosion, deviennent à travers ces tissus d’ameublements conçus par Mary Moser une réalité constante, in-changeante, interne et durable, et non plus externe et périssable. La fleur fait corps avec le medium. Tous deux s’entremêlent et ne font plus qu’un pour sublimer un intérieur qui se veut être l’écho de l’extérieur.


 

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