Notice
Sol, ré, la, mi : une histoire culturelle du violon
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Descriptif
par Jean-Philippe Échard, conservateur au Musée de la musique (Cité de la Musique — Philharmonie de Paris).
Quelques musiciens, musicologues ou savants évoqués
- Aloïs Riegl (1858-1905), historien autrichien de l'art et de la musique.
- Félix Savart (1791-1841), physicien français qui travailla sur l'acoustique, notamment avec le luthier Jean-Baptiste Vuillaume.
Plan du violon imaginé par Félix Savart. Planche de l'Encyclopédie Roret 1894, article Luthier.
- les résonances de Helmholtz, du nom du physicien allemand Hermann von Helmholtz (1821-1894)
L'Ecole de Crémone, ou "panthéon de la lutherie" :
- Andreà Amati (1505 ou 1510-1577), l'un des fondateurs.
- son petit-fils Niccolò Amati (1596-1684);
- Andra Guarneri (1626-1698);
- Antonio Stradivari (Crémone, 1644-1737), l'un des plus fameux luthiers de l'histoire.
D'autres luthiers ultérieurs et de valeur, pourtant non "panthéonisés":
- Nicolas Lupot (1758-1824), surnommé "le Stradivarius français"
- le Français Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875)
Quelques questions sur les éléments constitutifs...
Quelle est l'origine des échancrures (le fait que, vu de face, le violon a une forme de 8) ? C'est parce que peu à peu, il fut nécessaire de jouer corde par corde — les échancrures sont là pour permettre à l'archet de passer et d'attenidre la corde la plus aigüe ou la plus grave, tout simplement !
Quant au chevillet en spirale enroulée (en haut du violon, pour l'accord des quatre cordes), ne rappelle-t-il pas les colonnes grecques en style ionien ?
On appelle éclisses les flancs du violon, planches fines courbées à chaud. La face (table d'harmonie) et le dos sont en bois massif et voûtés, sculptés à la gouge ; ils sont en bois résineux (p. ex. épicéa des Alpes), aux propriétés vibratoires notables. Le manche et le chevillet sont en érable "ondé".
Le vernis protège bien évidemment le bois, mais a aussi un rôle esthétique magnifiant le bois ; ce sont des huiles de lin, de noix (celles des peintres), avec une résine de pin. Stradivarius introduisait des pigments de couleur rouge à ses vernis.
Vernis vu au microscope (image Cité de la Musique). On voit les pigments rouges ajoûtés par Stradivari.
Les instruments (violons ou violoncelles) les plus anciens conservés dans le monde datent des années 1560 (école d'Andreà Amati).
Quelques virtuoses célèbres :
- Niccolò Paganini (1782-1840), violoniste italien ;
- Pablo de Sarasate (1844-1908), violoniste espagnol, qui a cédé son violon au musée de la Musique.
En conclusion, en travaillant sur les valeurs culturelle, historique, "d'association" (à qui a-t-il appartenu ?) de tels instruments, on est amenés et fondés à relativiser leur valeur spéculative, vision purement financière qui a parfois trop envahi notre approche de ces instruments.
L'intervenant est par ailleurs docteur en chimie, auteur d'une thèse 'Etude physico-chimique des vernis d'un corpus d'instruments de musique européens du 15e au 18e siècle : approche historique et perspectives de conservation', sous la direction de B. Lavédrine, et la présidence de P. Laszlo, tous deux intervenants cultureGnum.
Nous remercions la Cité de la Musique (Philharmonie de Paris) pour son accueil.
Intervention / Responsable scientifique
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