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Théorie du film documentaire (Penser le cinéma documentaire : leçon 3)


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Auteur(s) :
LIOULT Jean-Luc

Producteur Canal-U :
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Les chapitres


Théorie du film documentaire (Penser le cinéma documentaire : leçon 3)

THEORIE DU FILM DOCUMENTAIRE

Jean Luc Lioult

Professeur à l'Université de Provence

Films sociaux, ethnographiques, scientifiques ou politiques, développant des formes autobiographiques, portrait, journal filmé : les formes du documentaire sont tellement variées qu’il serait réducteur de l’assimiler à un “genre”. “C’est un champ complexe qui relève aussi bien de critères économiques que de réseaux de fabrication, de diffusion, de références cinématographiques. C’est une zone de travail, un geste : celui d’aller vers le réel... Cette réflexion introductive propose de s'appuyer sur la fausse distinction entre documentaire et fiction pour reposer la question de la partition entre le vrai et le faux et pour montrer que la production de sens spécifique au film documentaire peut se développer dans différents cas...

- il n’existe au fond qu’une seule modalité de représentation du monde réel, auquel l’immense majorité des films renvoient en dernière analyse

- il existe néanmoins diverses formes de mimesis qui remplissent différentes fonctions

- ainsi, les activités fictionnelles ont partie liée avec une dimension ludique de la mimesis : on accepte de suspendre les règles usuelles de la réalité

- le cadre pragmatique de la fiction est celui de la feintise ludique partagée

- le cadre pragmatique du documentaire est celui de l’assertion sérieuse consentie

- un pacte spécifique s’établit entre auteur et spectateur de documentaires

- le spectateur de documentaires est un spectateur vigilant

- suspicion ou foi dans les images ?

- le vocabulaire courant, en matière de réalité et de vérité, est riche mais imprécis

- au plan théorique il y a deux “ordres“ de réalité : celui du réel concret avec ses propriétés objectives, celui des significations et des valeurs qu’on lui accorde

- ces deux ordres sont en constante interrelation ; le second ne peut être objectivé

- ce second ordre ne peut être abordé que sur un registre intersubjectif

- même l’intersubjectivité ne peut garantir qu’un jugement soit unanime

- le documentaire vise à la fois ces deux ordres, celui du réel concret et celui des réalités symboliques

- ce que permet le documentaire est un consensus intersubjectif portant sur des assertions sérieuses ; ce qui suppose toutefois une présomption de validité de ces assertions

 

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