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Université Toulouse-Jean Jaurès (Toulouse II-le Mirail)

L'héritage de l'Espagne des trois cultures : musulmans, juifs et chrétiens. 1. Présentation / Isabelle Touton


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L'héritage de l'Espagne des trois cultures : musulmans, juifs et chrétiens. 1. Présentation / Isabelle Touton

L'héritage de l'Espagne des trois cultures : musulmans, juifs et chrétiens. 1. Présentation / Isabelle Touton. Rencontre-débat organisées par l'Université Toulouse II-Le Mirail, l'Institut Cervantes de Toulouse, en partenariat avec les Presses Universitaires du Mirail et le Centre d'Initiatives artistiques du Mirail (CIAM). Toulouse : Institut Cervantès, 8 avril 2010. Cette journée fête le 25 ème anniversaire de la revue Horizons maghrébins, Le droit à la mémoire avec la sortie de son numéro 61 consacré à cette Espagne des trois cultures. Parallèlement, la bibliothèque universitaire du Mirail présentait une exposition intitulée "L'héritage de l'Espagne des trois cultures, un regard contemporain sur un temps passé" rassemblant des œuvres de l'artiste Cyril Torres créées spécialement pour l'occasion.

Isabelle Touton présente la rencontre : Juan Goytisolo évoque la question de « l’occidentalité nuancée de l’Espagne », Bartolomé Bennassar explore « l’islam occidental » en se référant à des textes espagnols, quant à Eva Touboul Tardieu elle traite de « l’Espagne et les sépharades, une relation basée sur des mythes ».

Texte de présentation du n°61 de la revue Horizon maghrébins

Les sept siècles de présence musulmane en Espagne, de 711 à 1492, ont profondément marqué la réalité historique et culturelle de la Péninsule ibérique en rendant possible l'émergence d'une civilisation, celle d'al-Andalus – terme utilisé par les auteurs arabes du Moyen Âge pour désigner l'Espagne musulmane. Les grandes réalisations architecturales, comme la mosquée de Cordoue et l'Alhambra de Grenade, mais aussi l'art mudéjar et, dans le domaine intellectuel, la pensée d'Averroès et celle de Maïmonide, constituent des oeuvres essentielles de l'héritage d'al-Andalus. La Reconquête chrétienne, culminant avec la prise de Grenade par les Rois catholiques en 1492, ouvrit une période sombre placée sous le signe de l'unification politico-religieuse qui tendit à faire disparaître les témoignages et les apports de cet héritage et à soumettre, par la violence et la conversion forcée, les communautés (celle des juifs convertis et des morisques) parties intégrante de ce que l'on appelle depuis le milieu du XXème siècle l'Espagne des « trois cultures ».

À la coexistence limitée entre maures, juifs et chrétiens, durant la période médiévale, marquée par des collaborations fécondes et des influences réciproques, succéda alors, dès la fin du XIVème siècle, une longue phase de persécution des minorités (expulsion des juifs dès 1492 et des morisques en 1609) et de mise à l'écart délibérée du legs culturel et identitaire de l'Espagne des trois religions. Depuis la redécouverte par les romantiques, au XIXème siècle, des vestiges et des symboles de cette Espagne médiévale souvent idéalisée, et les vifs débats historiographiques, dès le milieu de ce même siècle, chez les arabisants et les médiévistes qui mettront plus tard en avant l'«orientalisation» ou, selon leurs positions, l'«occidentalité» d'al-Andalus, la question de l'héritage des « trois cultures » en Espagne n'a cessé, à des degrés divers, d'être inscrite au sein de stratégies et d'enjeux idéologiques et politiques. Ces derniers sont présents dans les discussions suscitées par l'entreprise de restauration de l'architecture de cette époque, mais également dans les différentes utilisations des recherches archéologiques qui permettent parfois d'appuyer le travail des historiens pour établir certains faits en s'opposant à l'effacement de ce passé.

La question des « trois cultures » en Espagne a ainsi occupé, ces trente dernières années, une place décisive dans les confrontations entre historiens spécialistes de ce champ d'études, mais aussi dans les pratiques culturelles liées à la commémoration de cet héritage parfois valorisé par certaines communautés autonomes (en Andalousie notamment) et, enfin, dans le domaine de la création artistique par son retour à la diversité d'une tradition culturelle dont la « modernité » est continuellement explorée. Sur ce plan artistique, les phénomènes de métissage montrent la vitalité de cet héritage sur les deux rives de la méditerranée comme en témoignent, par exemple, les formes de renouvellement de la musique arabo-andalouse. Héritage contrasté, occulté, redécouvert et réapproprié, l'Espagne des « trois cultures » est indissociable d'une histoire conflictuelle dont la meilleure compréhension peut néanmoins redéfinir les lignes de clivage pour mettre en lumière le rôle et l'influence de cet héritage pluriel, comme lieu de dialogue et d'échange socioculturel, dans l'espace euro-méditerranéen.

* Illustration du générique : peinture-collage de Cyril Torres.

 

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Driss Bono 11/02/2013 23h38

Je viens de découvrir cette vidéo aujourd'hui 11.2.2013,soit près de 2 ans après cette rencontre de Toulouse d'avril 2010. Ayant moi-même des origines andalouses, à l'instar des quelques 60 familles de la ville de Rabat,Maroc,je suis très touché de voir que des hommes et des femmes intellectuels de l'autre bord de la méditerranée, s'investissent encore aujourd'hui, pour la sauvegarde et la survie de la mémoire de cette civilisation hispano-musulmane, pourtant sciemment mise dans l'oubli par le monde des officiels. Non seulement, cet héritage est perceptible à travers les vestiges et les traces de toutes sortes laissés dans l'Andalous, je peux affirmer, qu'ici, sur la rive sud de la méditerranée, nous autres descendants des andalous déportés de leur pays natal, vivons au quotidien, dans notre chair et notre esprit, cette déchirure, vieille de 4 siècles et à la cicatrisation difficile, voire impossible. Ce sentiment et ce vécu, transmis de génération en génération, visibles dans notre morphologie même et dans notre façon d'être, de vivre et de nos us et coutumes, ne peuvent être le fruit d'un quelconque hasard, mais bien de ciselages imprimés au fil du temps, dans les mémoires et les coeurs; si bien que le déni de reconnaissance de ce traumatisme historique affligé aux morisques, rend la douleur encore plus lourde. Pour ce qui me concerne personnellement, loin de moi l'idée de nier ma reconnaissance et mes attaches à mon pays le Maroc, un pays si bon et si généreux, qui a su accueillir et donner une place au soleil à ces déportés des siècles passés, je continue d'espérer et de souhaiter ardemment que nos deux rives fassent des gestes de réconciliation et de fraternité,Ô combien nécessaires et utiles pour la prospérité de nos deux peuples, particulièrement en ces temps difficiles et complexes de la mondialisation. Pour finir, j'ose espérer que les peuples de nos deux pays, l'Espagne et le Maroc, puissent un jour se retrouver et se sentir chez eux dans chaque côté de ce lac de paix qu'est notre mer méditerranée.
Fraternellement vôtre

 

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