Conférence
Chapitres
Notice
Lieu de réalisation
Poitiers
Langue :
Français
Crédits
CNED - Distances et Médiations des Savoirs - Open University (Organisation de l'évènement), Jean-François Cerisier (Intervention), Cathia Papi (Intervention), Marie-Madeleine Bertucci (Intervention), Anne Mesny (Intervention)
Détenteur des droits
CNED
Conditions d'utilisation
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Citer cette ressource :
Jean-François Cerisier, Cathia Papi, Marie-Madeleine Bertucci, Anne Mesny. CNED. (2022, 21 octobre). Image(s) et enjeux sociétaux de la formation à distance , in Image(s) et enjeux sociétaux de la formation à distance. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/145394. (Consultée le 4 mars 2024)

Image(s) et enjeux sociétaux de la formation à distance

Réalisation : 21 octobre 2022 - Mise en ligne : 23 août 2023
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Descriptif

Une conférence proposée et organisée par le Cned, DMS et The Open University.

Président de session : Jean-François CERISIER

La formation à la danse à distance : entre accessibilité et difficulté
Intervenante : Cathia PAPI
Co-autrices : Sylvie DECOUX, Geneviève DUGRE

Le recours massif à l'enseignement à distance lors de la pandémie Covid-19 dans les universités traditionnelles : vers un nouvel archétype en matière d'enseignement ?
Intervenante : Anne MESNY Co-auteur : Patrick PELLETIER

L'enseignement à distance subi : un révélateur des inégalités sociales
Intervenante : Marie-Madeleine BERTUCCI

Intervention
Thème
Documentation

Depuis le début de la pandémie les écoles et associations de danse ont dû composer avec les mesures sanitaires et ainsi limiter, voire arrêter leurs activités en présence. C’est ainsi que sont rapidement apparus des cours de danse en ligne. Alors que la formation aux danses de loisirs à distance était rare avant la pandémie, nous nous sommes demandé comment les professeurs de danse étaient passés de la présence à la distance. Autrement dit, nous avons cherché à voir quels changements technopédagogiques avaient dû être mis en œuvre pour poursuivre leur activité. Les propos recueillis dans le cadre d’entretiens avec des professeurs vivant en France et au Québec font ressortir que, parmi ceux qui ont fait le choix d’enseigner à distance, certains ont proposé des cours, et parfois même des festivals, synchrones tandis que d’autres ont privilégié les enseignements asynchrones. Parmi les principaux défis que les professeurs ont eu à relever, il est possible d’en faire ressortir quatre : les contraintes techniques, le fait de devoir enseigner des danses de couple ou de groupe à des personnes seules, la conversion de l’espace domestique en lieu de danse et les limites de l’interaction et de la rétroaction à distance.

Les universités « traditionnelles » fondées sur l’enseignement présentiel n’ont pas eu le choix de recourir à l’enseignement à distance (EàD) durant la pandémie Covid-19. Chaque université a dû réagir en fonction des logiques institutionnelles dans lesquelles elle s’insère et en fonction de son propre « archétype » organisationnel en matière d’enseignement. Certaines valeurs, croyances, normes et mécanismes de fonctionnement relatifs à l’enseignement ont été à fois révélés et questionnés par le recours massif à l’EàD. Une remise en question forte de certaines valeurs ou normes pourrait signifier l’émergence d’un nouvel archétype en matière d’enseignement après la pandémie. Nous explorons cette hypothèse à travers l’analyse du cas d’HEC Montréal, établissement universitaire qui, avant la pandémie, misait essentiellement sur le mode présentiel. Le cas a été construit à partir des documents internes relatifs aux décisions prises en matière d’enseignement de mars 2020 à mai 2022, ainsi que d’entrevues semi-dirigées avec des représentants des principales instances décisionnelles. L’analyse suggère que les décisions prises ont renforcé l’archétype organisationnel de cette école dans une large mesure, mais l’ont aussi fragilisé, notamment concernant les valeurs et normes relatives à l’autonomie et l’expertise des enseignants, ainsi qu’au partage des rôles et décisions entre enseignants et apprenants.

La communication présentera les réponses d’ un groupe d’une vingtaine d’étudiants de première année de licence de lettres modernes à une série de trois entretiens conduits entre septembre et décembre 2020 à CY Cergy Paris université. Ces entretiens avaient pour but de connaître les conditions de travail effectives de ces étudiants pendant la période du deuxième confinement, leurs modalités d’organisation et leurs difficultés. Les réponses mettent d’abord en évidence le caractère de révélateur des inégalités sociales de l’enseignement à distance lorsqu’il est subi et non choisi. Le confinement a en effet accentué ces inégalités en privant les étudiants de l’accès à l’espace collectif de travail de l’université, lequel permet la mise en commun et le partage des ressources quelles qu’elles soient, enseignement en présentiel et contacts avec les enseignants, bibliothèque, accès à Internet et à un équipement informatique, restaurant universitaire, vie étudiante… Cet espace collectif, s’il ne les supprime pas, atténue les inégalités. Les réponses soulignent ensuite les difficultés des étudiants à s’approprier seuls et dans des délais très brefs les modalités pédagogiques d’un enseignement à distance multimodal auquel ils n’étaient pas préparés, la fragilité des apprentissages qui en résultent et la vulnérabilité induite par ce contexte incertain.

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