Entretien

Mobilité et internationalisation de la recherche en sciences humaines et sociales entre l'Afrique de l'Est et la France, par Marie-Aude Fouéré (IFRA Nairobi) (Podcast)

Réalisation : 19 juin 2020 Mise en ligne : 19 juin 2020
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Descriptif

Marie-Aude Fouéré est africaniste et maître de conférences à l’EHESS en anthropologie sociale et politique. Elle appartient également au laboratoire IMAF : Institut des Mondes Africains.

Elle est directrice de l’Institut Français de Recherche en Afrique, l’IFRA, depuis 2018. Elle y est liée depuis de nombreuses années puisqu’elle a aussi bénéficié du soutien de l’IFRA dans sa carrière de chercheuse : tout d’abord dans le cadre de sa thèse sur la Tanzanie, puis pour ses terrains de recherche lors de ses études postdoctorales et enfin, en tant que chercheuse pensionnaire de 2011 à 2014. De ce fait, Marie-Aude Fouéré se définit elle-même comme un « produit de l’IFRA » et est très attachée aux missions de l’Institut. L’UMIFRE couvre plusieurs pays de l’Afrique de l’est, à savoir le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. 

Dans le cadre de la coopération qu’entretient l’IFRA avec la FMSH, plusieurs post-doctorants partent chaque année en Afrique de l’Est mener des recherches de terrain durant quelques mois et sont encadrés par l’IFRA. Des chercheurs africains viennent eux en France pour conduire leurs projets postdoctoraux et sont invités dans des laboratoires de recherche à Paris ou en Province.

Marie-Aude Fouéré nous éclaire sur les évolutions de l’IFRA et ses grandes missions, les projets en cours et revient sur la manière dont l’UMIFRE apporte son soutien aux lauréats du Programme Atlas.

Cet entretien a été mené par téléphone.

lien vers l'Institut français de recherche en Afrique

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Fondation Maison des sciences de l’homme (Réalisation)
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FMSH. (2020, 19 juin). Mobilité et internationalisation de la recherche en sciences humaines et sociales entre l'Afrique de l'Est et la France, par Marie-Aude Fouéré (IFRA Nairobi) (Podcast). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/104459. (Consultée le 27 janvier 2022)
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   Vous écoutez Histoires de mobilité, une série de podcasts produite par la Fondation Maison des sciences de l'homme. Histoires de mobilité raconte les expériences internationales de chercheurs et chercheuses que la fondation soutient.



Pour ce nouvel épisode, nous nous retrouvons avec Marie-Aude Fouéré, la directrice de l'IFRA, l’Institut français de recherche en Afrique. La FMSH travaille en étroite collaboration avec cette UMIFRE, notamment dans le cadre du programme de mobilité post-doctorale Atlas. Après avoir elle-même été soutenue par l'IFRA lorsqu'elle était une jeune chercheuse, Marie-Aude Fouéré porte désormais les missions de ce centre de recherche en qualité de directrice, avec la volonté d'agir toujours au plus près du terrain dans les recherches qui sont menées. Pour en savoir plus sur l’IFRA et sur le soutien apporté aux jeunes chercheurs dans leurs recherches en Afrique de l'Est, nous vous invitons aujourd'hui à écouter son témoignage.


Depuis 2014, je suis maître de conférences à l’EHESS en anthropologie sociale et politique. Je suis aussi au laboratoire l'IMAF, l'Institut des mondes africains et depuis septembre 2018, je suis directrice de l'Institut français de recherche en Afrique de Nairobi. J'ai été moi-même, avant d'en être la directrice, une doctorante partiellement financée par l'IFRA de Nairobi, c’était en 2001, 2002, 2003, quand je faisais des terrains de recherche en Tanzanie. J'ai aussi fait un post-doctorat en 2004 et 2005 sur une bourse du ministère des Affaires étrangères à l'époque, et j'ai aussi été la chercheur pensionnaire à l'IFRA de 2011 à 2014. Un chercheur pensionnaire est en quelque sorte le numéro deux de l'IFRA, et je pense qu'être directrice de l'IFRA, pour moi, était vraiment une manière de restituer à l'institution ce que l'institution a pu me donner. L'IFRA fait partie du réseau des UMIFRE. C'est aussi un institut qui avait auparavant des antennes. Donc, la base était à Nairobi, il y avait une antenne au Zimbabwe, à Harare, et une antenne à Ibadan, au Nigeria. L'antenne du Zimbabwe a périclité et elle n'existe plus. Et par contre, à Ibadan, l'Institut s’est autonomisé, et aujourd'hui, une UMIFRE à proprement parler qui s'appelle aussi IFRA, mais IFRA Nigeria qu’on distingue de l’IFRA Nairobi au Kenya. Alors, il y a à la fois l'intention de ces instituts, de ces différentes UMIFRE qui existent partout dans le monde, mais qui, en tout cas, dans le cas de l'Afrique, ont principalement été installées dans les pays de l'Afrique principalement anglophones où la présence de la recherche française était très faible et qui permettait d'avoir sur place des infrastructures pouvant faciliter l'arrivée des chercheurs, leurs terrains et par ailleurs, de nouer des liens avec les chercheurs est-africains sur place. On se rend bien compte que quand on est là-bas, basé dans un laboratoire en France et qu'on va sur le terrain sur des missions relativement courtes, les liens qu’on peut tisser avec les collègues africains sont parfois plus ténus et souvent plus difficiles à maintenir dans le temps, et donc, c'est tout l'intérêt de ces instituts qui ont cette présence sur place et qui, malgré le changement des chercheurs, restent connus localement en tant qu'institution et peut être une institution de référence. Il y a par exemple au Kenya, un équivalent du côté des Britanniques qui est le British Institute in Eastern Africa avec lequel on essaye de travailler, mais qui sont deux institutions, deux références, pour nos collègues est-africains. Notre périmètre de couverture scientifique, on pourrait dire, concerne cinq pays d'Afrique de l'Est. Donc, il y a évidemment le Kenya où nous nous sommes basés, mais il y a aussi la Tanzanie, l’Ouganda, un peu plus récemment sont arrivés le Rwanda et le Burundi, et on a aussi une couverture sur l'Est du Congo sur la zone appelée la région du Kivu qui est incluse dans notre périmètre scientifique pour la raison qu’en fait, il y a une même problématique politique, économique et sociale qui concerne toute la zone dite des Grands Lacs et qui fait qu'on inclut cette petite partie du Congo dans notre zone de compétence, mais qui, sinon de manière plus générale, donc la RDC Congo dépend de l’IFAS à Johannesburg qui est un équivalent de l'IFRA, mais basé en Afrique du Sud. Oui, alors en fait, les IFRE fonctionnent… Alors à la fois, on a un (pulsant) des recherches de l'intérieur, toujours changeantes en quelque sorte, puisqu'elles dépendent du profil des chercheurs qui y sont, qui travaillent. On est aussi à la jonction, justement et c'est notre rôle, entre la recherche française et la recherche est-africaine de sorte qu'il y a des projets qu’on aide, qu’on soutient logistiquement ou en mettant les gens en réseau, en aidant la tenue de conférences sur place, en soutenant l'information des étudiants ou des collègues est-africains, mais qui scientifiquement, ne sont pas nécessairement vraiment portés de l'intérieur par l’IFRA. Donc ça fait souvent une pluralité de thèmes de recherche qui peuvent aller dans des sens assez différents, mais notre volonté n'est pas nécessairement d'avoir une ou deux lignes directrices uniquement, mais c'est de rendre possible cette pluralité de la recherche, sans chercher spécifiquement à la canaliser, à la centraliser. Et notre rôle est vraiment un rôle d'accueil de ces recherches. Actuellement, on avait développé des projets par exemple en sciences politiques sur un processus de décentralisation qui a eu lieu au Kenya depuis 2013 et qui a énormément rebattu les cartes en des modes de gouvernance au Kenya entre l'État central et les responsabilités des régions. On a mis en place un programme un peu lié à la thématique actuelle de la décolonisation du savoir, de la décolonisation des méthodes d'enquête en thème qu'on a appelée Intellectuels d'Afrique et de la diaspora pour faire valoir les travaux de chercheurs africains et notamment qui remettent en cause les asymétries dans la production du savoir entre les pays du Nord et les pays du Sud, et ici de l'Afrique. On a également lancé de l'intérieur, mais aussi en essayant d'agréger des chercheurs, qui d'ailleurs n'étaient pas tous des chercheurs de la zone Afrique de l'Est, sur un programme qu'on a appelé Afrique ouvrière sur les mondes du travail en Afrique, sur les grandes installations d'entreprises et notamment, sous l'impulsion des investissements chinois dans la région et sur le thème de la salarisation. Alors que jusqu'à présent, énormément de travaux sur la question du travail en Afrique portaient plutôt sur ce qu'on appelle le secteur informel, la débrouille, les petits boulots. Évidemment, chaque UMIFRE a sa zone dite de mandat, mais on essaye de travailler avec les autres UMIFRE sur des sujets suffisamment larges pour nous porter à travailler ensemble. Là par exemple, on a particulièrement misé en quelque sorte sur le Centre français des études éthiopiennes d'Addis-Abeba, en Éthiopie, pour monter avec eux ce programme sur les mondes ouvriers qu'on avait appelé (inaudible). On accueille différentes recherches, différents programmes et notamment par exemple, pour citer des travaux en archéologie, on n'a pas de spécialiste actuellement à l'IFRA, qui est archéologue de profil, mais on soutient des travaux sur la zone du lac Turkana autant que possible. Donc ça, c'est aussi une manière pour moi de mettre l'accent sur les différentes disciplines. C’est des centres en sciences humaines et sociales de manière générale, avec aussi l'archéologie. Donc, tous les chercheurs, jeunes chercheurs, collègues en poste, quelles que soient leurs disciplines : histoire, géographie, anthropologie, sociologie et donc aussi archéologie, sont les bienvenus et notre rôle est de les soutenir. Concernant le programme Atlas en partenariat avec la FMSH dont l’IFRA de Nairobi bénéficie, mais aussi différentes UMIFRE d'Afrique et dans le monde, c'est pour nous, depuis plusieurs années, en quelque sorte une vraie plus-value, puisqu'elle permet d'accueillir des chercheurs post-doctorants français à l’IFRA de Nairobi, mais aussi de faire profiter nos collègues est-africains des ressources que peuvent offrir la recherche en France. Du point de vue de l'IFRA, on a pu accueillir Teddy Delaunay venant travailler sur les usages dans les transports et dans les mobilités au sein de Nairobi, puisqu’on offre, à l’IFRA, à la fois un bureau, et des chercheurs pour dialoguer avec lui. Il nous a exposé son projet, on lui a donné notre avis, nos commentaires. On a discuté des différentes orientations qu'il souhaitait donner à sa recherche. On a pu lui donner quelques contacts, et notamment des contacts d'assistants de recherche, puisqu’une chose assez originale, c'est qu'il n'avait pas fait sa thèse en Afrique et que son post-doctorat était une première pour lui en étude africaine. Nous avons annoncé sur les médias sociaux l’arrivée de Teddy à Nairobi. Et même avant son arrivée, via nos réseaux sociaux, certaines personnes avaient pris contact avec lui avant même qu'il arrive sur place pour l'inviter à prendre contact avec eux et à discuter avec lui.

A l’IFRA, on est une équipe très très réduite. Nous sommes trois personnes en poste, une personne supplémentaire, comme Teddy, qui apporte son projet de recherche, sa dynamique qui fait venir du monde à l'IFRA, des chercheurs avec qui il travaillait, nous permet, nous, très rapidement de donner une plus forte résonance à notre travail, de nous faire connaître dans des réseaux dans lesquels on n'était pas encore présent. Par exemple, on n'était pas actifs dans la question des mobilités urbaines et/ou de l'usage de la téléphonie ; ça nous permet, nous, d'accroître notre impact, d'accroître notre visibilité. Le second volet, c'est évidemment celui des mobilités dites entrantes, qui permet à nos collègues est-africains de venir faire des séjours post-doctorants en France. Et le cas dont je peux témoigner est celui d'un historien rwandais, Philibert Gakwenzire, qui a pu bénéficier de cette bourse l'an dernier pour pouvoir passer trois mois en France et continuer, alors principalement à mener des recherches dans les archives en France, mais aussi dans les archives en Belgique. Il travaille sur le génocide au Rwanda et une partie des archives dont il a besoin se trouve en Europe. Alors, le profil de Philibert, c’est un chercheur qui était déjà relativement bien inséré dans les réseaux français. Il est connu des chercheurs travaillant sur le génocide au Rwanda, autant en Belgique qu’en France. Sa venue, au-delà du fait qu'il a pu consulter les archives, lui a permis de maintenir les liens avec ses collègues rwandistes. Il les a rencontrés fréquemment à Paris, à Bruxelles. Il a eu l'occasion de présenter son travail dans des séminaires. Donc, ça lui a permis de maintenir, renforcer sa présence dans les réseaux rwandistes et de mener à bien son travail, puisqu'il a en plus, pour perspective de transformer, de travailler sa thèse pour qu'elle devienne un ouvrage et qu'il souhaitait aussi travailler sur différents articles. Et les conseils reçus par les collègues au moment de son séjour en France lui ont été très utiles pour avancer dans ses travaux d'écriture. J'ai pu rencontrer Philibert à Kigali. Je n’y suis pas allée exprès pour rencontrer Philibert, mais j'avais prévu un séjour au Rwanda et j'ai pu le rencontrer avant qu'il ne vienne en France. On a donc déjà pu discuter en amont de son projet. Je suis aussi venue en France pendant qu'il y était pour une réunion et j'ai pu le rencontrer et on a pu discuter de ses avancées, de ce qu'il avait réussi à faire et ce qu'il avait encore à faire. J'ai pu le conseiller notamment sur des stratégies de publication pour placer au mieux les articles qu'il souhaitait travailler, et tout récemment, voyant la qualité de ce chercheur, son désir de travailler, son enthousiasme à être un chercheur, le meilleur dans son domaine, on lui a proposé de faire partie du comité de rédaction d'une nouvelle revue que les UMIFRE viennent de lancer. Et donc, c'est à la fois, je dirais, une sorte de double bénéfice, ce programme permettant au chercheur d'accroître son insertion dans la recherche, ses capacités à écrire, de mener au mieux son travail, et aussi à la fois, et lui de l'insérer aussi dans tout ce qui est le domaine de l'édition et de la publication dans le domaine académique, mais de notre point de vue, insérer des chercheurs, avoir des chercheurs dans nos revues universitaires, dans nos comités de rédaction, chercheurs africains, est aussi quelque chose de très important. Donc, on a cette réciprocité de bénéfices grâce à ce programme.

Dans les années à venir, l'IFRA va continuer sur sa ligne de petites structures, avec quand même une faiblesse en ressources humaines qui fait qu'il est essentiel pour nous d'agréger au maximum, d'utiliser les programmes en place pour la mobilité pour les affectations des chercheurs ou les détachements et permettre d'avoir une équipe un peu plus solide, même si c'est ce que j'appelle… Une équipe peut ne durer que six mois, puisque cette mobilité parfois, elle peut être relativement courte, mais qui nous permet vraiment de renforcer notre action, notre visibilité et ne serait-ce que créer aussi une ambiance dans le travail, parce que plus on est, plus il y a un entrain à la recherche, plus il y a un dynamisme, un enthousiasme à travailler ensemble. Donc, le maintien de ces programmes de mobilité et même possiblement d’en initier de nouveaux est pour nous vraiment un aspect fondamental pour que les UMIFRE continuent à vivre, restent pertinentes.


Depuis plus de 50 ans, la Fondation Maison des sciences de l'homme soutient la recherche et la diffusion des connaissances en sciences humaines et sociales. Avec les voix d'Amandine Samson et Emmanuelle Corne, sur une musique d'Irina Jiménez, ce podcast est produit et réalisé par FMSH Audiovisuel.


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    You are listening to Histoires de mobilité, a series of podcasts produced by the Fondation Maison des sciences de l'homme. Histoires de mobilité presents the international experiences of researchers funded by the foundation.

 

 

In this new episode, we're featuring Marie-Aude Fouéré, Director of the IFRA - the French Institute for Research in Africa. The FMSH works in close collaboration with this UMIFRE, particularly within the framework of the Atlas post-doctoral mobility programme. Having herself been funded by the IFRA when she was a young researcher, Marie-Aude Fouéré now carries out the missions of this research centre as its director, with the desire to always work closely with those conducting fieldwork. To learn more about the IFRA and the support given to young researchers with their work in East Africa, we invite you to listen to her testimony.

 

Since 2014, I have been a lecturer at EHESS in social and political anthropology. I also work at the IMAF laboratory - the African Worlds Institute -, and as of September 2018, I am the Director of the French Institute for Research in Africa in Nairobi. Before becoming its Director, I was myself a doctoral student partially funded by the IFRA in Nairobi in 2001, 2002 and 2003, while doing research in Tanzania. I also completed a post-doctorate in 2004 and 2005 thanks to a scholarship awarded by the Ministry for Foreign Affairs at the time, and I was also the Researcher-in-Residence at the IFRA from 2011 to 2014. A Researcher-in-Residence is kind of IFRA's number two, and I think being IFRA's Director, for me, was really a way to give back to the institution what the institution was able to give me. The IFRA is part of the UMIFRE network. The Institute formerly had field offices. The head office was in Nairobi, there was a local office in Zimbabwe, in Harare, and another one in Ibadan, Nigeria. The Zimbabwe office foundered and no longer exists. In Ibadan, on the other hand, the Institute became independent, and is now a fully-fledged UMIFRE. It's also called IFRA, but it’s IFRA Nigeria, which is different from IFRA Nairobi in Kenya. There is both an intent from these Institutes, these various UMIFREs which are all around the world, but which have been, in Africa’s case, mostly established in predominantly English-speaking African countries where the presence of French research was rather scarce, and which have enabled the existence of on-site facilities to facilitate the arrival of researchers, their work, and to build ties with East African researchers located there. We realise that when you are there, based in a laboratory in France and you conduct fieldwork for relatively short stays, the ties you create with your African peers are sometimes more tenuous and often more difficult to maintain over time, and so that's the whole point of these Institutes; they have this local presence and despite the turnover of researchers, these institutions remain well-known locally and can be considered as benchmarks of academia. For example, in Kenya, there is a British counterpart known as the British Institute in Eastern Africa with which we try to collaborate with, but they're two institutions, two centres of reference for our East African peers. The scope of our scientific outreach, one could say, covers five East African countries. So, there is obviously Kenya where we are based, but there is also Tanzania, Uganda, and just recently Rwanda and Burundi. We also have some exposure in Eastern Congo in the area called the Kivu region which is part of our scientific perimeter because there is the same political, economic, and social problem affecting the entire area known as the Great Lakes, and that is why we include this small part of Congo in our area of competency. However, more generally, the DR Congo falls under the aegis of the IFAS in Johannesburg, which is a counterpart of the IFRA but based in South Africa. Yes, so actually, IFREs operate... So firstly, we've got a thriving internal research environment, it's everchanging in a way, because it depends on the profile of the researchers who are there, who are working. Secondly, we are precisely at the crossroads - and this is our purpose -, of French and East African research. This entails supporting projects, either logistically or through networking, assisting in organising local conferences, providing information for students or East African researchers, although scientifically speaking, they're not necessarily backed by the IFRA per se. So, there is often this plurality in research themes that can go in fairly different directions, but our desire doesn’t necessarily lie in simply following one or two guiding principles, but rather in allowing this plurality of research, without specifically seeking to channel it or focus it. Our role is really about hosting such research. Currently, we're undertaking projects in political science for instance, regarding the decentralisation process that has been taking place in Kenya since 2013 and which has dramatically reshuffled the cards in terms of governance practices between the central state and the responsibilities of its regions. We've set up a programme somewhat linked to the current theme on decolonising knowledge, decolonising methods of investigation as part of a theme named Intellectuals of Africa and the Diaspora meant to promote the works of African researchers, particularly those who question the asymmetry in the creation of knowledge between northern economically developed countries and southern developing countries, and Africa. We've also internally launched, as well as sought to bring together researchers - who I might add, weren't all from East Africa -, through a programme called Afrique ouvrière sur les mondes du travail en Afrique, about large-scale companies in the region, particularly those established under the impetus of Chinese investments, and which includes the topic of wage employment. Whereas until now, much research involving the issue of labour in Africa focused mostly on what is called the informal sector, the informal economy, or odd jobs. Of course, each UMIFRE has its own so-called mandate, but we try to work with the other UMIFREs on subjects that are broad enough for us to work together. In this case, for example, we especially relied on the French Centre for Ethiopian Studies in Addis Ababa, Ethiopia, to jointly set up this programme on the worlds of the working class which is called Afrique ouvrière. We host various research projects, various programmes and for example, just to mention archaeological work - we do not currently have an expert who specialises in archaeology at the IFRA -, but we do support research conducted around Lake Turkana as much as we can. So, this is also a way for me to highlight different disciplines. Broadly speaking, these are centres for social sciences and humanities that include archaeology. So, any researcher, young researchers, tenured colleagues, whatever their discipline: history, geography, anthropology, sociology and archaeology as well, are welcome, and our role is to support them. Regarding the Atlas programme in partnership with the FMSH for which IFRA Nairobi is a beneficiary, as well as several UMIFREs in Africa and throughout the world, this has been for us a real asset for several years now, because it allows us to welcome French post-doctoral researchers at IFRA Nairobi while enabling our East African colleagues to benefit from the resources that French research facilities can offer. From the IFRA's perspective, we were able to welcome Teddy Delaunay who came to work on transport and mobility uses in Nairobi, as we offer both an office and researchers to interact with him. He presented his project to us, we gave him our opinion, our comments. We discussed the different paths he wished to pursue his research. We were able to give him a few contacts, namely put him in touch with research assistants due to his rather unusual situation; he didn't complete his thesis in Africa and his post-doctorate was a first for him in African studies. We announced Teddy's arrival in Nairobi over social media. Even before his arrival, via our social networks, people contacted him before he arrived, inviting him to get in touch with them, and to speak with him. At the IFRA, we are a very, very small team. There are three permanent staff members, and an additional person like Teddy who shares his research project, his energy which brings people from all over the world to the IFRA, researchers he used to work with, this allows us to quickly shed greater light on our work, to make ourselves known in networks in which we were not yet present. For instance, we weren't involved in the issue of urban mobility and/or the use of telephony; this allows us to increase our impact, increase our visibility. The second aspect obviously concerns exchange programmes, which enable our East African partners to come and pursue their post-doctoral research in France. And one example I can bear witness to is that of a Rwandan historian, Philibert Gakwenzire, who was awarded a grant last year to spend three months in France to conduct archival research mostly in France, but also in Belgium. He's researching the Rwanda genocide and some of the archives he needs are in Europe. Philibert's profile is that of a researcher who was already relatively well integrated into French networks. He is known by scholars researching the Rwanda genocide, both in Belgium and in France. His arrival, beyond the fact that he was able to access the archives, enabled him to maintain links with his Rwandan colleagues. He met them frequently in Paris and Brussels. He had the opportunity to present his work in seminars. So, this allowed him to maintain and strengthen his presence in Rwandan networks, and carry out his work, as he also intends to turn his thesis into a book. He also wants to work on different publications. And the advice he received from his colleagues during his stay in France was very useful in helping him further his writing. I was able to meet Philibert in Kigali. I didn't go there to meet Philibert on purpose, but I had planned a trip to Rwanda and was able to meet him before he left for France. So we had the chance to discuss his project beforehand. I also went to France for a meeting while he was there, and I was able to see him and discuss his progress, what he had accomplished and what he still had to do. I was able to advise him, particularly on publishing strategies that would best showcase the papers he wanted to work on, and lately, witnessing the calibre of this researcher, his desire to work, his enthusiasm to be a researcher, the best in his field, we offered him the opportunity to be part of the editorial board of a new journal recently launched by the UMIFRE. And so, I would say, there's sort of a dual value to this programme which helps researchers increase their involvement in research, their ability to write, to carry out their work to the best of their abilities, and at the same time, it also helps them get involved with everything related to editing and publishing in the academic world. However, from our point of view, including researchers, having researchers in our academic journals, in our editorial boards - African researchers -, is also very important to us. So, thanks to this programme, we have this mutual benefit. In the years to come, the IFRA will remain an aggregate of small centres with few staff members. That's why it's essential for us to collaborate as much as possible, to avail of our existing exchange programmes for researcher placements or secondments, thereby strengthening our team, although that's what I call... A team can only last six months, as placements are sometimes relatively short, but it really enhances our impact, our visibility and even creates a certain work environment, because the more we are, the greater our motivation for research, the more dynamic and enthusiastic we are about working together. Therefore, maintaining these exchange programmes, and possibly initiating new ones, is such a fundamental aspect for us in order for UMIFREs to survive and remain relevant.

 

For more than 50 years, the Fondation Maison des sciences de l'homme has promoted research and spread knowledge in social sciences and humanities. With the voices of Amandine Samson and Emmanuelle Corne, music by Irina Jiménez, this podcast is produced and directed by FMSH Audiovisuel.

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