Entretien

Mobilité et internationalisation de la recherche entre la France et le Mexique, par Bernard Tallet (Cemca) (podcast)

Réalisation : 6 février 2020 Mise en ligne : 6 février 2020
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Descriptif

Le géographe Bernard Tallet est directeur du CEMCA (Centre d’Etudes mexicaines et centre-américaines), un des 27 Instituts français de recherche à l’étranger (UMIFRE) placés sous la double tutelle du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et du Centre national de la recherche scientifique. Le CEMCA se situe à Mexico et possède également une antenne au Guatemala.

Dans ce podcast, Bernard Tallet met en lumière l’évolution du centre de recherche qu’il dirige depuis 2018 et la coopération active avec la FMSH dans le cadre du programme Atlas. Il nous explique pourquoi les soutiens à la mobilité du programme Atlas constituent des opportunités essentielles pour les jeunes docteurs qui rencontrent, malheureusement, énormément de difficultés pour s’insérer de manière durable dans une structure de recherche.

The Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) and its partners abroad offer postdoctoral mobility grant to researchers in social sciences and humanities for periods from 1 to 3 months, in France or abroad.

The geographer Bernard Tallet is at the head of CEMCA (Centre d’Etudes mexicaines et centre-américaines) since 2018, one of the 27 Instituts français de recherche à l’étranger (UMIFRE) under the control of the French Ministry for Europe and Foreign affairs and the National Center for Scientific research (CNRS). The CEMCA is located in the city of Mexico and there is also another branch in Guatemala.

In this podcast, Bernard Tallet explains the evolution of the CEMCA and the joint cooperation with FMSH in the framework of the Atlas Programme. He underlines why grants for mobility constitute essential opportunities for young researchers who face many difficulties to find a position in a laboratory.

Le géographe Bernard Tallet est directeur du CEMCA, le Centre d'Etudes Mexicaines et Centre-Américaines. Il développe une politique très engagée vis-à-vis de la mobilité des jeunes chercheurs, notamment afin de faciliter leur insertion dans le monde professionnelle dans le monde de la recherche. Il nous explique dans ce podcast la collaboration qu'entretient le CEMCA avec la FMSH  dans le cadre du programme Atlas. Il revient également en détail sur l'évolution des institutions françaises de recherche en SHS en Amérique Centrale et nous éclaire sur les défis et projets du centre qu'il dirige depuis 2018.

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FMSH. (2020, 6 février). Mobilité et internationalisation de la recherche entre la France et le Mexique, par Bernard Tallet (Cemca) (podcast). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/104271. (Consultée le 19 mai 2022)
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    Vous écoutez Histoire de mobilité, une série de podcasts produite par la Fondation Maison des Sciences de l'Homme. Histoire de mobilité raconte les expériences internationales de chercheurs et chercheuses que la fondation soutient.

 

Nous vous invitons à écouter Bernard Tallet, le directeur du CEMCA, avec qui la FMSH entretient une collaboration dans le cadre du programme Atlas. Bernard Tallet développe une politique très engagée vis-à-vis de la mobilité des jeunes chercheurs, notamment afin de faciliter leur insertion professionnelle dans le monde de la recherche. Il nous explique, dans ce podcast, l'évolution des institutions françaises de recherche en Amérique centrale, et il nous éclaire sur les défis et les projets du centre qu'il dirige depuis 2018.

Je suis Bernard Tallet, le directeur du CEMCA, Centre d'études mexicaines et centre -américaines. Cette alliance entre Mexique et centre- américaine est un héritage, comme beaucoup des UMIFRE, des unités mixtes internationales de centres de recherche français à l'étranger, avec double tutelle du MAE, dont le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, et CNRS, sont pour la plupart des héritages des missions archéologiques françaises ; et le fait que jusqu'à aujourd'hui, il y a des programmes de recherche en archéologie aussi bien au Mexique qu'au Guatemala. Ce n'est pas une spécificité du CEMCA, c'est commun à tous les UMIFRE, c'est la rotation accélérée des chercheurs. Puisqu'on est affecté en détachement pour des postes qui ont une durée de deux ans, renouvelable deux fois. Au maximum, les chercheurs affectés au CEMCA, le directeur lui-même ou la directrice, sont au maximum en séjour de quatre ans. Et l'autre partie de la mobilité, c'est la mobilité des doctorants liés au CEMCA. À l'heure actuelle, il y a différents niveaux. Il y a de moins en moins de doctorants affectés au CEMCA, parce qu'on n'a plus les financements suffisants pour payer, financer des bourses doctorales comme ça s'est fait durant des générations, où il y a toute une tradition de formations qui passaient par le CEMCA et les autres UMIFRE. Ça, c'est une perte. Objectivement, je crois que l'on a régressé sur cette formation. Il y a d'autres systèmes nouveaux qui sont mis en place et que personnellement, j'apprécie beaucoup, qui est un dispositif de l'INSHS, l'Institut national des sciences humaines et sociales du CNRS, qui sont des contrats doctorants en alternance. Une partie du contrat doctoral se fait dans une UMR en France, et une partie dans une UMIFRE, dont le CEMCA. Et ça, je trouve que c'est un dispositif qui est intelligent, qui est efficace, parce que les jeunes doctorants peuvent disposer de temps, d'abord d'une structure d'accueil comme le CEMCA, de temps sur leur terrain au Mexique ou en Amérique centrale, et en même temps restent ancrés dans des institutions de recherche en France. Et ça, ça me paraît extrêmement important pour préparer leur avenir. Le CEMCA également, comme l'autre UMIFRE en Amérique latine, c'est l'IFEA, l'Institut français des études andines, bénéficie d'un accord avec l'IDA, l'Institut des Amériques. Et toujours dans ce cadre des appuis au doctorat, il y a, que ce soit à l'IFEA ou que ce soit au CEMCA, un doctorant qui est affecté au CEMCA. Ce sont des bourses qui durent trois ans. Tout cela fait qu'il y a un mouvement de rotation des chercheurs, des doctorants. Ça crée de la vie, ça crée du mouvement, ça change ; j'aime bien ça, personnellement. Et le dernier élément que je pourrais mentionner pour comprendre comment fonctionne un centre comme le CEMCA, c'est le réseau des chercheurs associés. C'est important. C'est souvent des personnes qui, au départ, ont été liées au CEMCA. C'est souvent des anciens boursiers du CEMCA, des doctorants qui ont eu différents types de liens avec les chercheurs du moment, avec la structure CEMCA, avec la bibliothèque du CEMCA, et qui ont maintenu des liens et qu'on essaie de maintenir actifs en élaborant des programmes de recherche ensemble, en organisant des colloques ensemble. Pendant longtemps, le Mexique, plus que les pays d'Amérique centrale, a été très accueillant aux chercheurs d'origine française. Il y a beaucoup de gens qui, à un moment donné, sont passés par le CEMCA, et qui ont obtenu des postes, plus ou moins facilement, dans des institutions mexicaines. Et ça, ça crée un réseau important, à la fois de convivialité, mais également de proximité scientifique. Il y a eu un renouvellement assez accéléré des nouvelles générations, pour lesquelles on parlera peut-être tout à l'heure, mais qui est lié beaucoup à la difficulté, pour un certain nombre de docteurs, de trouver une insertion en France, et qui, du coup, sont restés également en lien avec, souvent, des parcours personnels, des affinités, des vies de couple, etc., sont restés au Mexique. Une autre dimension, c'est tout le travail que nous faisons en lien avec les services de coopération scientifique, le SCAC, Service de Coopération et d'Action Culturelle, beaucoup avec la coopération technique, coopération scientifique, mais également coopération culturelle, d'organiser ensemble de nombreux événements, de diffusion du savoir, de communication, d'exposition, de commentaires. L'an dernier, avec l'arrivée ici et la proximité du cinéma, avec le service audiovisuel, on a organisé une quinzaine de présentations de documentaires, avec intervention de chercheurs du CEMCA ou proche du CEMCA, souvent à l'occasion de colloques. Pour un pays comme le Mexique, c'est important qu'on puisse faire venir, avec les financements de la France, des chercheurs d'autres pays qui rendent compte d'expériences qui peuvent contribuer à faire évoluer la réflexion du Mexique sur un certain nombre d'enjeux. On a beaucoup travaillé en lien avec les caravanes des migrants. L'an dernier, on a organisé plusieurs événements, depuis deux ans que je suis là comme directeur, sur les migrations. Et on a essayé d'organiser des colloques qui se déroulaient à la fois à Mexico et en Amérique centrale, pour comprendre comment ces mouvements de populations se jouaient et comment ils étaient perçus à l'intérieur des pays centroAméricains, mais également par le Mexique, qui a tendance à devenir, avec la fermeture de la frontière, non plus un lieu uniquement de passage, mais un lieu d'accueil de ces migrants. Et là aussi, des questions très fortes posées aux autorités mexicaines, bien sûr, mais également la population mexicaine.

C'est la troisième année, puisque là, on a lancé un appel Atlas entre la FMSH et le CEMCA. Et depuis trois ans, on va voir cette année, on n'est pas arrivé à répondre à la mobilité dans le sens Mexique-France. C'est une question qui est posée, qui est plus générale que les bourses Atlas. La même difficulté se trouve à l'échelle macro. Le Conacyt, l'équivalent un peu du CNRS, l'agence de moyens du Mexique, offre un nombre de bourses doctorales très importantes en direction de la France, et est incapable de remplir le quota. Il y a véritablement un problème. Personnellement, je le lis beaucoup. La question de la langue, le français, a beaucoup reculé au Mexique ; ce n'est pas un sujet de préoccupation fort, c'est commun à d'autres pays, mais ici, c'est très net. Ça joue avec la proximité des États-Unis. Les financements des États-Unis sont importants pour former des Mexicains. Et je pense que beaucoup de Mexicains, et surtout en sciences humaines et sociales ou il y a encore peu de formation en anglais, c'est un obstacle majeur. En plus, longtemps, les bourses Conacyt ont été très orientées formation technique, formation scientifique, beaucoup moins formation sociale. Je pense que les orientations du nouveau gouvernement encouragent à cette ouverture vers les formations de sciences sociales et humaines. Je crois que c'est une dimension importante pour gérer les changements qui sont en cours ou qui se préparent au Mexique. Mais le flux de mouvements d'étudiants du Mexique vers la France, c'est compliqué à mettre en place. Par contre, c'est beaucoup plus simple dans le sens France-Mexique. Et on a là, j'allais dire, je n'aime pas beaucoup ce mot, mais qui existe, on a un vivier, ou disons, pour le dire de manière plus positive, un nombre conséquent de jeunes docteurs qui viennent de passer leurs thèses qui traitaient de sujets sur le Mexique ou sur l'Amérique centrale, et qui sont demandeurs de continuer une expérience de terrain. Et là, l'articulation avec les propositions du programme Atlas fonctionne bien. En tant qu'universitaire, je dois dire que le succès rencontré par les propositions de contrat postdoctoraux tiennent d'abord à un problème majeur d'insertion des jeunes docteurs dans le système universitaire et scientifique français. Il y aurait des débouchés normaux, j'allais dire, dans l'université, dans les centres de recherche : cela serait certainement mieux qu'un peu la course aux contrats doctoraux auxquels sont conduits la plupart des jeunes docteurs. Ensuite, sur la base de ce constat, je pense que des propositions comme les bourses Atlas sont une bonne opportunité pour des jeunes docteurs, et permettent de mettre en œuvre cette phase de transition entre l'obtention d'un doctorat et, ce qui est souhaitable, l'insertion de manière durable et effective dans une structure de recherche ou une structure universitaire. Sur les bourses Atlas, ce que j'ai vu, moi, depuis deux ans, c'est une offre de la part des docteurs de très grande qualité. Moi, j'ai été très impressionné. Mais ça, je le sais, comme universitaire, alors qu'on parle toujours du niveau qui baisse, on forme de mieux en mieux les docteurs, qui ont des qualités de sérieux et de compétence qui sont remarquables. Je suis admiratif de ce que peut donner le système de formation français. Je m'inscris en faux par rapport au pessimisme ambiant. Et là, ça donne un contact pendant deux mois, trois mois, avec des jeunes collègues extrêmement bien formés, qui ont une soif de connaissances, d'ouverture, remarquable.

Il me semble qu'il y a deux grands profils types des bourses postdoctorales Atlas. Soit on est sur des postdocs qui s'inscrivent dans la prolongation de la thèse, soit on est dans le deuxième profil, c'est-à-dire des formes de reconversion. Et moi, je suis effectivement aussi surpris de la capacité, alors que ces bourses sont de courte durée, de la capacité à mettre à profit de manière hyper efficiente cette opportunité de contrat postdoc. Comment expliquer ça ? Je crois que ça tient, ce que je disais précédemment, sur la qualité de la formation de ces jeunes docteurs, de rebondir, d'approprier et de fonctionner sur des réseaux extrêmement importants. Et deuxième chose qui nuancera un peu cette impression de rupture qu'ils n’arrivent sur rien… E*t moi, j'ai bien vu pour Alexandra Biar qui changeait, qui effectivement partait au Belize sur un nouveau sujet, mais qui avait travaillé déjà au Mexique sur des thématiques un peu voisines de la navigation, et qui avait, elle, et je crois que c'est extrêmement important, un ancrage scientifique extrêmement fort. Ancrage scientifique fort en France avec ses relations avec l'UMR ArchAm, Archéologie des Amériques, et son laboratoire d'origine dans lequel elle a réalisé sa thèse, et également, ensuite, ancrage à travers la bourse Atlas avec le Laboratoire d'archéologie du CEMCA. Je crois que c'est un élément important pour comprendre cette capacité à rebondir. L'exemple que je pourrais donner, c'est la présence actuelle qui a bénéficié, il y a quelques mois, d'une bourse postdoctorat, l'Atlas de Héloïse Leloup, qui est fortement inscrite dans l'UMR Prodig, en géographie sur les questions de développement agricole, et qui a fait sa thèse dans une autre UMIFRE, qui est l'IFEA, l'Institut français des études andines, et qui ensuite a demandé à bénéficier de la Bourse Atlas, mais rattachée au CEMCA. Là aussi, on peut être frappé par la rupture ; mais en même temps, derrière, il y a une continuité. On est sur la proximité IFEA-CEMCA. Pour le CNRS, en plus, on appartient à la même unité de service et de recherche, Amérique latine. Elle s'appuie sur une UMR, et en même temps la capacité à trouver, dans l'UMIFRE, l'IFEA et le CEMCA, une structure d'accueil. Et le passage a été tellement bien réussi qu'après les deux ou trois mois de bourse Atlas d'Héloïse, elle put intégrer notre contrat doctoral dans un programme de recherche du CEMCA sur les questions de l'alimentation et d'agriculture périurbaine.

L'opportunité de bénéficier d'un financement pendant deux ou trois mois, c'est parce qu'ils ne sont pas isolés. Et c'est ça, la réussite : elle est individuelle, elle est indéniablement liée à leurs qualités personnelles. Je ne le nierai absolument pas. Mais en même temps, et c'est satisfaisant sur le fonctionnement de structures comme le CEMCA ou comme le FMSH, on s'inscrit dans des réseaux scientifiques importants, qui ont une histoire, une capacité à former ces jeunes doctorants, et ensuite à les aider à continuer à évoluer pour déboucher, ce qui est quand même le but quand on voit le coût que représente la formation d'un postdoc, de trouver une structure pérenne, un emploi pérenne.

Depuis plus de 50 ans, la Fondation Maison des sciences de l'Homme soutient la recherche et la diffusion des connaissances en sciences humaines et sociales.

Avec les voix de Amandine Sanson et Emmanuelle Corne, sur une musique d' Irina Jimenez, ce podcast est produit et réalisé par FMSH audiovisuel.

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    Escuchas Histoires de mobilité, una serie de pódcasts producida por la Fundación Maison des sciences de l'homme. Histoires de mobilité relata las experiencias internacionales de los investigadores e investigadoras que la fundación apoya.

 

Te invitamos a escuchar a Bernard Tallet, director del CEMCA, quien trabaja en colaboración con la FMSH en el marco del programa Atlas. Bernard Tallet desarrolla políticas comprometidas con la movilidad de jóvenes investigadores, principalmente con el fin de facilitar su inserción profesional en el ámbito de la investigación. En este pódcast, nos explica la evolución de las instituciones francesas de investigación en América Central y nos ilustra sobre los desafíos y los proyectos del centro que dirige desde 2018.

Soy Bernard Tallet, director del CEMCA, Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos. Esta alianza entre México y Centroamérica, como muchas UMIFRE, unidades mixtas internacionales e institutos franceses de investigación en el extranjero, bajo la doble tutela del MAE, el Ministerio para Europa y de Asuntos Exteriores de Francia, y el CNRS, es principalmente una herencia de las misiones arqueológicas francesas y hace que hoy en día existan programas de investigación en arqueología tanto en México como en Guatemala. El alto nivel de rotación de los investigadores no es exclusivo del CEMCA, sino que es algo común a todas las UMIFRE, pues estamos adscritos a puestos por un término de dos años, renovable dos veces. La estancia de los investigadores adscritos al CEMCA, incluyendo su director o directora, se extiende a cuatro años como máximo. El otro aspecto comprende la movilidad de los doctorandos vinculados al CEMCA. Actualmente, existen diferentes niveles. Cada vez hay menos doctorandos adscritos al CEMCA, porque ya no contamos con el financiamiento necesario para patrocinar las becas de doctorado, como lo pudimos hacer durante generaciones de programas educativos acogidos tradicionalmente por el CEMCA y las otras UMIFRE. Eso es una pérdida. Se puede decir objetivamente que ha habido un retroceso en la formación. Se han implementado nuevos sistemas que, personalmente, valoro, como un dispositivo del INSHS, el Institut national des sciences humaines et sociales del CNRS, que propone contratos de doctorado en alternancia. Una parte del contrato de doctorado se lleva a cabo en una UMR en Francia y la otra en una UMIFRE, incluido el CEMCA. Pienso que este dispositivo es inteligente y eficaz porque los jóvenes doctorandos pueden disponer de tiempo en una estructura de acogida como el CEMCA y de tiempo en el terreno en México o América Central, al tiempo que permanecen arraigados en las instituciones de investigación en Francia. Creo que eso es extremadamente importante para su futuro. Tanto el CEMCA como el IFEA, Instituto Francés de Estudios Andinos, que es otro UMIFRE en América Latina, se benefician de un acuerdo con el IDA, el Instituto de las Américas. En el marco de las ayudas al doctorado, ya sea en el IFEA o en el CEMCA, un doctorando se adscribe al CEMCA. Se trata de becas con un término de tres años, lo que provoca una tasa de rotación de los investigadores y doctorandos. Esto trae vida, movimiento y cambio; personalmente, es algo que valoro. El último elemento que me gustaría mencionar para explicar el funcionamiento de un centro como el CEMCA es la red de investigadores asociados. Es importante. A menudo, son personas que han estado vinculadas al CEMCA. Generalmente, son becarios del CEMCA, doctorandos que han estado vinculados de diferentes formas con los investigadores de turno, con la estructura del CEMCA, con la biblioteca del CEMCA, que han guardado vínculos, y que tratamos de mantener activos a través de la elaboración conjunta de programas de investigación, de la organización conjunta de coloquios. Durante mucho tiempo, México, más que los países de América Central, abrió sus puertas a los investigadores de origen francés. En un momento dado, muchas personas que pasaron por el CEMCA obtuvieron puestos en instituciones mexicanas con relativa facilidad. Esto resultó en una importante red tanto de cordialidad como de cercanía científica. Las nuevas generaciones se renuevan de forma acelerada, y tal vez hablaremos de eso más adelante, pero esto está relacionado en gran parte a la dificultad que representa para muchos doctores encontrar un empleo en Francia, y que, a menudo, entre otras cosas, por razones personales y afectivas, deciden quedarse en México. Otra dimensión es el trabajo que realizamos junto con los servicios de cooperación en materia de investigación, el Servicio de Cooperación y de Acción Cultural, SCAC, en materia tecnológica, en materia de investigación y también en materia cultural, para organizar conjuntamente numerosos eventos de difusión del conocimiento, de comunicación, de exposición, de observaciones. Cuando llegamos aquí el año pasado, y gracias a la proximidad del cine, junto con el departamento audiovisual, organizamos alrededor de quince presentaciones de documentales, con la participación de investigadores del CEMCA o cercanos al CEMCA, a menudo durante coloquios. Para un país como México, es importante atraer, con el financiamiento francés, investigadores extranjeros que den cuenta de experiencias que pueden contribuir a la evolución de la reflexión de México sobre ciertos desafíos. Trabajamos mucho sobre las caravanas de migrantes. Hemos organizado varios eventos sobre la migración durante los dos años que llevo como director. Intentamos organizar coloquios simultáneamente en México y en América Central para entender cómo funciona el desplazamiento de la población y cómo es percibido tanto dentro de los países centroamericanos como en México, que tiende a convertirse, debido al cierre de la frontera, más que un simple lugar de paso, en un lugar de acogida de estos migrantes. Con ello surgen enormes desafíos no solo para las autoridades mexicanas sino también para la población mexicana.

Ya veremos este año, porque desde el programa Atlas, entre la FMSH y el CEMCA, lanzamos un llamado, pero desde hace tres años no hemos podido responder a la movilidad en el sentido México-Francia. Esta cuestión va más allá de las becas Atlas. Observamos la misma dificultad a nivel macro. El Conacyt, organismo encargado del financiamiento en México, semejante al CNRS, propone una cantidad de becas de doctorado muy importantes con destino a Francia, pero es incapaz de cumplir la cuota. Nos enfrentamos a un verdadero problema. Por mi parte, lo leo mucho. La importancia del idioma francés ha disminuido sensiblemente; no es un tema de gran interés, al igual que en otros países, aunque aquí se observa claramente. Una razón es la proximidad con Estados Unidos. El financiamiento de este país para la formación de los mexicanos es importante. Pienso que, para muchos mexicanos, sobre todo en ciencias humanas y sociales, donde aún existe poca enseñanza del inglés, es un obstáculo mayor. Además, durante mucho tiempo, las becas de Conacyt estuvieron muy orientadas hacia la formación en materia tecnológica y científica, y, en mucho menor medida, en materia social. Pienso que el nuevo gobierno está orientado hacia el fomento de la formación en ciencias sociales y humanas. Me parece que es una dimensión importante para manejar los cambios actuales y futuros en México. Sin embargo, la circulación de estudiantes mexicanos hacia Francia es un proceso complicado. Por el contrario, es mucho más simple en el sentido Francia-México. Entonces tenemos, aunque no me gusta mucho esa palabra, un vivero, o, para decirlo de forma más positiva, una cantidad importante de jóvenes doctores que acaban de terminar su tesis sobre temas relacionados con México o América Central y que piden continuar la experiencia en el terreno. En este caso, la articulación con las proposiciones del programa Atlas funciona bien. Como universitario, debo decir que el éxito de las proposiciones de contratos posdoctorales se debe, primero, a un problema mayor de inserción de los jóvenes doctores en el sistema universitario y científico francés. Si hubiera oportunidades, por decirlo de alguna forma, normales, en la universidad, en los centros de investigación, sería mucho mejor que la carrera para obtener contratos de doctorado a la que se ve enfrentada la mayoría de jóvenes doctores. Una vez que hemos constatado esta situación, pienso que las proposiciones como las becas Atlas son una gran oportunidad para los jóvenes doctores y permiten implementar esta fase de transición entre la obtención de un doctorado y, como se espera, la inserción durable y efectiva en una estructura de investigación o una estructura universitaria. Desde hace dos años, en el marco de las becas Atlas, he visto una oferta de gran calidad de la parte de los doctores. Me quedé muy impresionado. Pero eso lo sé en mi calidad de académico. Todavía se habla de un nivel decreciente, pero los doctores están cada vez mejor preparados, son extremadamente competentes y serios. Estoy impresionado de lo que puede ofrecer el sistema de formación francés. Me opongo al pesimismo reinante. Entonces así estamos en contacto durante dos o tres meses con jóvenes colegas muy bien preparados, ávidos de conocimiento y notablemente abiertos.

Si no me equivoco, existen dos grandes tipos de perfil de becas posdoctorales Atlas. El primer perfil son los posdoctorandos que se inscriben para la prolongación de la tesis. El segundo perfil incluye formas de reconversión. Y también me sorprende, aun cuando se trata de becas de corta duración, la capacidad de aprovechar de una manera tan eficiente esta oportunidad de contrato posdoctoral. ¿Cómo explicarlo? Pienso que depende, en relación con lo que mencioné anteriormente sobre la calidad de la formación de estos jóvenes doctores, de la capacidad de resurgir, adaptarse y funcionar al interior de estas redes extremadamente importantes. El segundo aspecto que atenuará esta impresión de ruptura es que ya tienen una base... Lo vi en el caso del cambio de Alexandra Biar, que fue a Belice a trabajar en un tema nuevo, pero que ya había trabajado en México en temas relacionados con la navegación y, además, algo muy importante, que contaba con un arraigo científico extremadamente sólido. Sólido arraigo científico en Francia gracias a su relación con la UMR ArchAm, Archéologie des Amériques, el laboratorio donde inicialmente realizó su tesis, e igualmente, gracias a la beca Atlas, con el Laboratorio de arqueología del CEMCA. Me parece que este es un elemento importante para entender esta capacidad de adaptación. Cabe resaltar el ejemplo actual de la beca posdoctoral otorgada hace algunos meses a Héloïse Leloup, quien tiene una sólida vinculación con la UMR Prodig, de geografía, sobre cuestiones de desarrollo agrícola, quien realizó su tesis en otra UMIFRE, el Instituto Francés de Estudios Andinos, IFEA, y quien luego aplicó a la beca Atlas, pero estando adscrita al CEMCA. Es posible que esto se perciba como una ruptura, pero, al mismo tiempo, forma parte de una continuidad. Hay una proximidad IFEA-CEMCA. Además, al interior del CNRS, formamos parte de la misma unidad de servicio e investigación: América Latina. Ella se apoya en una UMR y, al mismo tiempo, puede encontrar una estructura de acogida en la UMIFRE, el IFEA y el CEMCA. El éxito de esta transición fue tal que luego de los dos o tres meses de la beca Atlas, Héloïse pudo unirse a nuestro contrato de doctorado en el marco de un programa de investigación del CEMCA sobre las cuestiones de alimentación y agricultura periurbana.

La oportunidad de beneficiarse de un financiamiento durante dos o tres meses se da porque ellos no están aislados. Es claro que el éxito es individual y que está indiscutiblemente vinculado a las cualidades personales. No lo voy a negar. Sin embargo, al mismo tiempo, y es motivo de satisfacción en el funcionamiento de estructuras como el CEMCA o la FMSH, formamos parte de importantes redes científicas que poseen una historia y la capacidad de formar estos jóvenes doctorandos y que luego les ayudan a seguir evolucionando para que alcancen lo que claramente es el objetivo, sobre todo cuando vemos el costo que representa un programa posdoctoral, es decir, encontrar una estructura y un empleo permanente.

Desde hace más de 50 años, la Fundación Maison des sciences de l'homme apoya la investigación y la difusión del conocimiento sobre las ciencias humanas y sociales.

Con las voces de Amandine Samson y Emmanuelle Corne y la música d'Irina Jiménez, este pódcast es producido y realizado por FMSH Audiovisuel.

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