Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Mrsh-Caen
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
DOI : 10.60527/xym1-nh38
Citer cette ressource :
La forge numérique. (2024, 8 avril). Résistances, oui mais lesquelles ? , in Les Temps de l’urgence écologique – actions institutionnelles et résistance(s) citoyenne(s). [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/xym1-nh38. (Consultée le 16 juin 2024)

Résistances, oui mais lesquelles ?

Réalisation : 8 avril 2024 - Mise en ligne : 16 avril 2024
  • document 1 document 2 document 3
  • niveau 1 niveau 2 niveau 3
Descriptif

Résumé de la Communication

L’invocation de l’urgence est-elle de nature à catalyser un changement écologique invoqué de façon répétitive depuis des décennies ? Ce n’est pas sûr. Les résistances au « business as usual » se marquent de façon de plus en plus décidée, et en prenant plus de risques, par des mouvements citoyens situés dans tout un éventail d’actions écologiques.  Mais il y a d’autres résistances également. Celle du « business as usual » justement. Outre des stratégies marchandes capitalistes confortant des inégalités déjà absurdes dans leur caractère antidémocratique, cette résistance au changement dépend d’éléments matériels qui se plient peu à la rapidité et à la plasticité des discours. Car la transition vers le bas carbone est avant tout une transition d’infrastructures. Fabriquer, habiter, s’alimenter, consommer des biens et services, tout cela dépend d’un soubassement en énergie fossile dont la stabilité désespérante est directement liée à des cycles d’investissement, de renouvellement technologique, mais aussi d’apprentissage ou de diffusion des innovations, qui ont leur temporalité propre. Si un certain nombre de citoyens s’engagent dans des transformations de leur quotidien accélérant les changements en assumant des inconforts, voire en en faisant des points de reconnaissance microsociaux, il n’en va pas de même pour de larges parts de la population, captives pour de nombreuses raisons des fonctionnements actuels.

Dès lors apparaissent d’autres types de résistances, antagoniques aux premières. Résister à abandonner son véhicule à moteur de façon urgente quand celui-ci représente une condition clé du vécu quotidien. Résister aux surcoûts, du moins à court terme, engendrés par des injonctions d’investissements bas carbone dans le logement, dans les pratiques professionnelles, ou à des modes d’alimentation plus coûteux en efforts et en différentiation sociale. Ces résistances-là sont en partie instrumentalisées par des forces conservatrices, y compris liées à des intérêts économiques. Les rapports scientifiques s’empilent pour démontrer qu’une existence moins impactante, plus en phase avec les équilibres naturels, comporte des avantages incontestables. Mais aujourd’hui cette confrontation de résistances opposées, où l’invocation de l’urgence joue des rôles différents, pollue notre vie démocratique et la prise de décision. Des travaux académiques peuvent-ils contribuer à éclairer ces difficultés et à quelles conditions pourraient-ils être utiles aux acteurs en présence ? C’est ce que nous tenterons d’explorer en conclusion.

Biographie de l'auteurEdwin Zaccaï est Professeur Honoraire à l’Université Libre de Bruxelles et fondateur du Centre d’études du développement durable (CEDD). Ses recherches portent sur différents aspects du développement durable touchant aux transformations des sociétés sous l’effet des questions environnementales. En 2019, il a publié Deux degrés : les sociétés face au changement climatique (Presses de Sciences po).

Dans la même collection

Sur le même thème