Vidéo pédagogique
Notice
Lieu de réalisation
Marseille
Sous-titrage
Français
English
Portuguès
Langue :
Français
Crédits
Marc-Henri Piault (Intervention)
Détenteur des droits
Réalisation : Pascal Cesaro
Citer cette ressource :
Marc-Henri Piault. Télé AMU. (2013, 10 juin). Leçon 6 - Les fracas de l'histoire, Chapitre 2 : De l'objet au sujet (English and Portuguese subtitles) , in "Anthropologie et Cinéma" par Marc-Henri Piault. Leçon 6 : Les fracas de l'histoire (English and Portuguese subtitles). [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/116842. (Consultée le 21 juillet 2024)

Leçon 6 - Les fracas de l'histoire, Chapitre 2 : De l'objet au sujet (English and Portuguese subtitles)

Réalisation : 10 juin 2013 - Mise en ligne : 30 mai 2022
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Descriptif

Fr : Les fracas de l'histoire

Pendant la seconde guerre mondiale, la production de films documentaires se développe considérablement. Une large diffusion est donnée à un nouveau type d’images : celles rapportées par des journalistes équipés de caméras portables chargées de bobines de pellicules 16mm de trente mètres permettant moins de trois minutes de filmage. Dans ces conditions le choix des images tournées et le problème du montage deviennent centraux. Il ne s'agit plus de traduire ou de transcrire une vérité antérieure à la production d'un film mais de faire accoucher à la réalité cette vérité particulière que produira le film.

Guerre et après-guerre bouleversent à la fois les réalités, leurs représentations et les moyens techniques d’en rendre compte. Au Canada où Grierson avait créé en1939 lOffice National du Film, ce nouveau cinéma documentaire prendra forme. Il sera de plus en plus difficile de le distinguer, de notre point de vue, d’un cinéma proprement anthropologique. Il s’agissait de favoriser au Canada une prise de conscience nationale au-delà des clivages linguistiques et culturels. Les réalisations montrent une contemporanéité vécue, la reconnaissance des particularismes sociaux et culturels et enfin le questionnement critique des réalités perçues. On saisit la banalité apparente avec des images sans apprêt que les anciens cadreurs professionnels n’auraient pas acceptées (Roman Kroitor, Paul Timkowicz, street railway switchman ; Colin Low, Corral...). 

C’est la voie d’une anthropologie nouvelle montrant les différences sociales et culturelles à l’intérieur d’un ensemble politique donné et distinguant des personnages à partir desquels s’organise la narration. C’est un passage de l’objet au sujet avec, notamment, des productions financées par les organisations syndicales pour montrer leurs luttes et accentuer la prise de conscience sociale. Il y a une reconnaissance des conditions sociales, politiques et intellectuelles de la réalisation.

En France, la guerre et l’occupation allemande avaient favorisé les valeurs fondées sur le moralisme du travail, l’obéissance au père et l’amour de la patrie. Georges Rouquier (LeTonnelier ; Farrebique ;Biquefarre) propose une « vérité » mais en dehors du temps et de ses transformations dangereuses. A l’opposé social et politique mais également en dehors d’une véritable dynamique historique, Eli Lotar et Jacques Prévert filment la banlieue ouvrière (Aubervilliers).

Poussant encore l’orientation objectiviste, en Autriche, l’Institut de Göttingen répond à la conscience très forte, pour les sciences sociales et en particulier pour l’anthropologie, d’un apparentement nécessaire aux modèles des sciences de la nature.

Eng : The shocks of history

During the Second World War, the production of documentary films developed considerably. A wide distribution is given to a new type of images: those reported by journalists equipped with portable cameras loaded with reels of 16mm film of thirty meters allowing less than three minutes of filming. Under these conditions the choice of images shot and the problem of editing become central. It is no longer a question of translating or transcribing a truth prior to the production of a film but of bringing to reality that particular truth that will be produced in the film.

War and post-war sometimes disturb realities, their representations and the technical means of accounting for them. In Canada, where Grierson had created the Office National du Film (National Film Board) in 1939, this new documentary cinema took shape. From our point of view, it will be increasingly difficult to distinguish it from a properly anthropological cinema. The aim was to promote national awareness in Canada across linguistic and cultural divides. The achievements show a lived contemporaneity, the recognition of social and cultural particularisms and finally the critical questioning of perceived realities. We grasp the apparent banality with simple images that former professional cameramen would not have accepted (Roman Kroitor, Paul Timkowicz, Street Railway Switchman; Colin Low, Corral...).

It is the path of a new anthropology showing the social and cultural differences within a given political whole and distinguishing the characters from which the narration is organized. It is a passage from object to subject with, in particular, productions financed by trade union organizations to show their struggles and raise social awareness. There is a recognition of the social, political, and intellectual conditions of achievement.

In France, the war and the German occupation had promoted values ​​based on the moralism of work, obedience to the father and love of country. Georges Rouquier (LeTonnelier ; Farrebique ; Biquefarre) offers a “truth” but outside of time and its dangerous transformations. At the social and political opposite but also outside of a real historical dynamic, Eli Lotar and Jacques Prévert film the working-class suburbs (Aubervilliers).

Further pushing the objectivist orientation, in Austria, the Göttingen Institute responds to the very strong awareness, for the social sciences and in particular for anthropology, of a necessary connection to the models of the natural sciences.

Pt : Os choques da história

Durante a Segunda Guerra Mundial, a produção de documentários desenvolveu-se consideravelmente. Uma ampla distribuição é dada a um novo tipo de imagens: as registradas por jornalistas equipados com câmeras portáteis carregadas com bobinas de filme de 16mm e trinta metros permitindo menos de três minutos de filmagem. Nestas condições, a escolha de imagens filmadas e o problema de edição se tornam essenciais. Não se trata mais de traduzir ou transcrever uma verdade anterior à produção de um filme, mas de trazer à realidade essa verdade particular que se produzirá no filme.

A guerra e o pós-guerra perturbam por vezes as realidades, as suas representações e os meios técnicos de as contabilizar. No Canadá, onde Grierson havia criado em 1939 o National Film Board, esse novo cinema documentário tomou forma. Será cada vez mais difícil distingui-lo, do nosso ponto de vista, um cinema propriamente antropológico: tratava-se de fomentar no Canadá uma tomada de consciência nacional que ia além das divisões linguísticas e culturais. As conquistas evidenciam uma contemporaneidade vivida, o reconhecimento de particularismos sociais e culturais e, por fim, o questionamento crítico das realidades percebidas. Apoderamo-nos da aparente banalidade com imagens simples que ex-cinegrafistas profissionais não teriam aceitado (Roman Kroitor, Paul Timkowicz, street railway switchman ; Colin Low, Corral ...).

Intervention
Thème
Documentation

Références bibliographiques générales

Boukala M., Le dispositif cinématographique, un processus pour (re)penser l'anthropologie, Téraèdre, Paris, 2009.

Colleyn J.P., Le regard documentaire, Centre georges Pompidou, Paris, 1993.

De France C. , L’anthropologie filmique : une genèse difficile mais prometteuse, Du film ethnographique à l’anthropologie filmique, Editions des archives contemporaines, 1994.

Gardies A., Le réel filmique, Hachette, Paris, 1993.

Laplantine F., La description ethnographique, Armand Colin, 2005.

Lioult J.L., À l'enseigne du réel, penser le documentaire, PUP, 2004.

MacDougall D., Transcultural Cinema, Princeton, New Jersey, Pinceton University press, 1998.

Niney J.F., Le documentaire et ses faux-semblants, Klincksieck, Paris, 2009.

Piault M.H., Anthropologie et Cinéma. Passage à l'image, passage par l'image, Paris, Téraèdre 2008 (1ère édition Nathan 2000).

Références bibliographiques spécifiques :

  • Vincent Bouchard, (2012), Pour un cinéma léger et synchrone ! Invention d'un dispositif à l'Office national du film à Montréal, Septentrion presses universitaires.
  • Erwan Cadoret, (2008), Un double regard sur la misère : Aubervilliers d’Eli Lotar et Jacques Prévert, in Le court métrage français de 1945 à 1968 (2), (dir) Antony Fiant et Roxane Hamery, Presse universitaire de Rennes, p. 261-270

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