Conférence
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Langue :
Français
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Université de Bordeaux - Service Audiovisuel et Multimédia (Production), Université de Bordeaux - Service Audiovisuel et Multimédia (Publication), Université de Bordeaux - Service Audiovisuel et Multimédia (Réalisation)
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Creative Commons (BY NC)
DOI : 10.60527/hgvp-0f89
Citer cette ressource :
Univ Bordeaux. (2017, 14 avril). Utilisation et utilité des mycorhizes dans le vignoble , in 15e matinée des Œnologues de Bordeaux. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/hgvp-0f89. (Consultée le 30 mai 2024)

Utilisation et utilité des mycorhizes dans le vignoble

Réalisation : 14 avril 2017 - Mise en ligne : 1 juin 2017
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Descriptif

15e Matinée desOenologues de Bordeaux / "Les minéraux, du sol au palais"

Les symbiosesmycorhiziennes constituent un phénomène fondamental et universel dans le mondedu vivant. L’existence et la nature de la symbiose mycorhizienne ont été misesen lumière vers la fin du XIXe siècle, en Allemagne, parA.B. Franck, et plustard en France par Noël Bernard. C’est au milieu du XXe siècle que John-LakerHarley et son groupe à Oxford démontrent les mécanismes physiologiques parlesquels les champignons obtiennent leur carbone et leur énergie, à partir desracines des arbres qu’ils colonisent, et également comment les mycorhizesinterviennent dans l’absorption des minéraux du sol. Au cours des 35 dernièresannées, une multitude de travaux ont clairement démontré l’intérêt scientifiqueet pratique de ces symbioses sur les écosystèmes naturels ou ceux aménagés parl’homme. Il existe plusieurs formes d’associations mycorhiziennes connues sousles noms de mycorhizes arbusculaires, d’ectomycorhizes, de mycorhizes éricoïdeset de mycorhizes des orchidées, pour ne citer que les cas les plus généraux. Lapresque totalité des plantes vertes terrestres vivent en symbiosemycorhizienne, c’est naturellement le cas de la vigne.

Indépendamment du typede mycorhizes, on reconnaît généralement six catégories de fonctions de laplante qui sont modifiées par la présence des mycorhizes : l’absorption deséléments minéraux, l’absorption de l’eau, les activités hormonales,l’agrégation des sols, la protection contre les organismes pathogènes et larésistance aux stress environnementaux. Autant de points que le viticulteurmodifie également et sur lesquels il souhaite agir dans une logique deperformance.

Il est communément admisque les mycorhizes aident les plantes, et donc aussi la vigne, à mieuxassimiler le phosphore non assimilable du sol. Il est aussi généralementcommenté que la meilleure assimilation des nutriments par la plante, et donc lavigne, est indirectement reliée à une meilleure exploration du sol par leréseau d’hyphes externe des champignons. Mais dans le détail, on ne sait pasvraiment la plus-value apportée au vignoble.

Pourquoi alors lesmycorhizes ont-elles une utilité particulière pour la viticulture ? D’abordparce que la conduite de la vigne pour la production de vin est le seul systèmeagricole où les conditions de forte fertilisation n’est pas désirable ; orl’intérêt pour la plante d’utiliser des mycorhizes au lieu de ces simplesracines est lié au coût énergétique associé, et l’intérêt est nul lorsque lesconditions de nutrition du sol sont élevées. Le coût énergétique pour supporterdes mycorhizes peut être plus élevé que le bénéfice. Dans les conditions desols « pauvres » en revanche, les mycorhizes deviennent essentielles. Lesmycorhizes vont aider la plante à adsorber les éléments minéraux pour un effetà court terme, mais va surtout aider la plante à long terme en structurant lesol de telle manière que celui-ci soit protégé contre la dégradation troprapide des éléments organiques.

Dans cette perspective,il devient donc essentiel de penser la conduite de vignoble pour favoriser lavie mycorhizienne pour des effets à court terme et à long terme.

>> Olivier Zekri, Responsable R&D, Mercier Frères

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