Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Humathèque Condorcet
Langue :
Français
Crédits
Vianney Escoffier (Réalisation), Emily Diomat Diomat (Organisation de l'évènement), Chrystèle Guilloteau (Organisation de l'évènement), Florence Neveux (Publication), Arghyro Paouri (Composition), ʿAbd Allāh Ḥammūdī (Intervention), Barry H. Rodrigue (Intervention), Alex Flynn (Intervention)
Détenteur des droits
CNRS - EHESS
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
Citer cette ressource :
ʿAbd Allāh Ḥammūdī, Barry H. Rodrigue, Alex Flynn. EHESS. (2023, 7 juin). Table-ronde #2 - Epistémologie multi-versaliste : quelle anthropologie politique dans le monde d’après , in Monde en crise et sujets émergents. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/146481. (Consultée le 22 février 2024)

Table-ronde #2 - Epistémologie multi-versaliste : quelle anthropologie politique dans le monde d’après

Réalisation : 7 juin 2023 - Mise en ligne : 22 septembre 2023
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Descriptif

Organisée et animée par Benoît HAZARD (LAP, CNRS) & Jean-Bernard OUEDRAOGO (LAP, CNRS-EHESS)

 

L’anthropologie politique, comme pratique et comme domaine de spécialisation, est indissociable de la construction d’un savoir impérial, c’est-à-dire à la fois d’une vision du monde organisée par une configuration singulière du pouvoir, liée à une dynamique occidentale des modalités du contrôle politique ; l’histoire de cette imbrication du pouvoir et de la connaissance constitue le contexte indépassable dans lequel s’est imposée une chaîne de relations conceptuelles marquée par une constante bipolarité (Nord-Sud, Est/Ouest, centre-périphérie), censée définir les mondes intégrés par l’idéologie universaliste européenne, et instituer des répertoires de construction : de classement des identités et des altérités. Cette épistémè semble en crise face à l’émergence d’un monde fracturé, segmenté, marqué par l’émergence de formes de repli sur soi, de montée des nationalismes, d’expressions multiformes des populismes. D’une part, les frontières de l’anthropos, configurées par la modernité, sont remises en question tant en raison des incertitudes pesant sur le destin de l’humanité que de la possibilité d’imaginer des mondes communs. D’autre part, l’émergence et la démultiplication des catégories (« genre », « race », « non humain », « actant » en lieu et place de «sujet/objet», « avatars virtuels », etc.) mobilisées dans l’analyse du politique des sociétés, alimentent une multiplicité de représentations du monde, de l’humain et des variétés des formes collectives qu’il se donne. L’épicentre des « sujets politiques émergents » ne se définit plus en référence à cette centralité contestée, dans une revendication émancipatrice, en théorie comme en pratique ; il se déplace vers des formes de vie exprimant une altérité radicale, un relativisme absolu qui efface le projet intellectuel surplombant qui voudrait penser l’universalité de la condition humaine alors que la dynamique contemporaine impose désormais une multivalence du sens de l’histoire. Dans une perspective multi-versaliste, « l’animal politique » aristotélicien aurait donc vécu dans la théorie de la connaissance de l’anthropologie. L’anthropologie politique n’aurait-elle d’autres prétentions que de se projeter dans un hologramme brisé, une multiplicité d’espaces-temps incommensurables ? Cet éclatement est-il le symptôme d’un « monde en crise », ou d’une anthropologie qui renouvelle ses constructions scientifiques et intellectuelles grâce aux crises qui la mettent à l’épreuve ? Cette situation implique-t-elle l’élaboration d’une épistémologie multi-versaliste, ou ce que nous pourrions désigner comme une épistémologie multipolaire ? Tout en reconnaissant les différences imposées par les trajectoires historiques de la connaissance, cette table-ronde s’interroge sur les défis que pose l’élaboration d’une telle épistémologie au regard de l’ambition affichée d’une unité de l’anthropologie, autrement dit d’une discipline à l’échelle humaine.

Intervenant·es :

  • Alex UNGPRATEEB FLYNN (UCLA)
  • Abdellah HAMMOUDI (Princeton University)
  • Barry RODRIGUE (Symbiosis School for Liberal Arts, Pune)
Intervention

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