Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Humathèque Condorcet
Langue :
Français
Crédits
Vianney Escoffier (Réalisation), Emily Diomat (Organisation de l'évènement), Chrystèle Guilloteau (Organisation de l'évènement), Florence Neveux (Publication), Arghyro Paouri (Composition), Marie Aureille (Intervention), Olivier Coulaux (Intervention), Leonor Gonzalez (Intervention), Emmanuelle Ricaud Oneto (Intervention), Martin Roy (Intervention), Riccardo Ciavolella (Intervention), Anne Raulin (Intervention)
Détenteur des droits
CNRS - EHESS
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
Citer cette ressource :
Marie Aureille, Olivier Coulaux, Leonor Gonzalez, Emmanuelle Ricaud Oneto, Martin Roy, Riccardo Ciavolella, Anne Raulin. EHESS. (2023, 8 juin). Table-ronde #3 - L’anthropologie politique contre les alternatives, tout contre , in Monde en crise et sujets émergents. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/146482. (Consultée le 29 février 2024)

Table-ronde #3 - L’anthropologie politique contre les alternatives, tout contre

Réalisation : 8 juin 2023 - Mise en ligne : 22 septembre 2023
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Descriptif

Organisée et animée par Collectif « La Fabrique » - Marie AUREILLE (LAP, EHESS), Olivier COULAUX (LAP, EHESS), Leonor GONZALEZ (CMH), Emmanuelle RICAUD ONETO (LAP) & Martin ROY (LAP)

Les appels faits aux anthropologues à étudier « les alternatives » et à trouver dans leur analyse des « réponses » et des « solutions » aux crises qui font l’actualité sont aujourd’hui nombreux. Ils se reflètent dans une multiplication de terrains auprès d’acteurs que le chercheur, par son cadrage, construit comme « possibilités d’alternatives » ou comme « porteurs d’alternatives », que ces derniers s’en revendiquent ou non. Ce positionnement charrie un jugement normatif : il faudrait aller analyser puis rapporter des pratiques, des façons de voir le monde et des modes de vie pensés comme radicalement autres - et destinés à le rester par leur enfermement dans la catégorie « d’alternative ». Lors de cette table-ronde, nous proposons de débattre de ce que cette quête d’alternative fait à la pratique de l’anthropologie, au choix des terrains et à la capacité de produire des analyses critiques à la hauteur des multiples crises auxquelles nous faisons face. Il s’agit par là de réfléchir à l’échelle de l’enquête et des situations auxquelles nous nous confrontons, à ce qui fait la spécificité de l’anthropologie politique et de préciser ce qu’il y a de
« politique » dans cette manière de faire de l’anthropologie. Nous avançons que faire de l’anthropologie politique, c’est décrire le déplacement ethnographique de manière à y insérer la question du politique, problématiser le détour comme le retour ethnographique. Dans l’engouement des travaux sur les alternatives, le déplacement est construit comme un mouvement vers l’ailleurs, afin d’en extraire des « solutions » déployées dans des espaces construits comme marginaux, innovants, révolutionnaires, en un mot, « autres », pour les ramener, les diffuser au
reste de la société et infléchir l’avenir. « Le politique » ne saurait se réduire à la position adoptée par l’anthropologue dans l’arène - aussi louable que soit son engagement -, surtout si cet engagement repose sur le principe de l’alternative. Comme si l’alternative épuisait la question du  politique. Nous suggérons qu’il s’agit plutôt de poser le déplacement ethnographique comme point d’entrée du politique dans l’enquête anthropologique, plutôt que de situer le sens politique de ce déplacement dans sa réduction à la seule production d’alternative, d’exoticité, de marge, etc.

Nous proposons de discuter de cette motion autour d’une table-ronde réunissant des contributions autour des points d’accord et de désaccord éventuels que cette dernière suscite.

Intervention

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