Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Humathèque Condorcet
Langue :
Français
Crédits
Vianney Escoffier (Réalisation), Emily diomat (Organisation de l'évènement), Chrystèle Guilloteau (Organisation de l'évènement), Florence Neveux (Publication), Arghyro Paouri (Composition), Dominique Viart (Intervention), Maud Santini (Intervention), Franco La Cecla (Intervention), Nicole Lapierre (Intervention), Adèle Blazquez (Intervention)
Détenteur des droits
CNRS - EHESS
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
Citer cette ressource :
Dominique Viart, Maud Santini, Franco La Cecla, Nicole Lapierre, Adèle Blazquez. EHESS. (2023, 8 juin). Table-ronde #5 - Nouvelles écritures et récits d’enquête , in Monde en crise et sujets émergents. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/146502. (Consultée le 4 mars 2024)

Table-ronde #5 - Nouvelles écritures et récits d’enquête

Réalisation : 8 juin 2023 - Mise en ligne : 22 septembre 2023
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Descriptif

Organisée et animée par Éric CHAUVIER (ENSA) & Caterina PASQUALINO (LAP, CNRS)

En anthropologie, rares sont les récits rapportés du terrain qui font état des interactions entre observateur et observés, ou alors elles sont lissées, le plus souvent comme des implicites, afin de conforter un système théorique clos. La complexité des relations sociales disparaît au profit d’une logique explicite qui fait sens. Il existe cependant des alternatives à cette « anthropologie idéaliste », dont les effets de cohérence sont souvent superficiels, incapables de révéler et encore moins de caractériser les manières d’être au monde le plus souvent imprévisibles, incohérentes, irrégulières. Partant de là, des thèmes, qui nous semblent importants, émergent.

Les faux-semblants de la relation d’enquête. Les récits des observés sont concernés au premier plan par la tentation d’idéaliser le social. En premier lieu, lorsqu’un individu livre son intimité à un anthropologue, il ne cesse de jouer de stratégies destinées à se protéger et à préserver des pans plus secrets de sa vie. Cette constante de la relation d’observation implique l’enquêteur, qui se soumet nécessairement à ce jeu de faux-semblant en essayant de s’y adapter. Le résultat est un compromis permanent entre les personnalités fluctuantes de l’observateur-biographe et de l’observé. Or ce compromis, s’il est mis en récit, peut constituer un matériel anthropologique à part entière. Il ne peut certes pas prétendre à la représentativité, mais il permet d’engager un faisceau de questions inédites et pertinentes proposant de rompre avec un terrain idéalisé.

La subjectivité-fiction. La mise en récit, la collecte des faits, la part de fiction dans les anecdotes personnelles rapportées par l’anthropologue-auteur sont loin d’être objectives. D’où cette interrogation : peut-on être à la fois ethnographe des autres et de soi-même ? Le panel propose de confronter les expériences de récits biographiques et autobiographiques d’anthropologues, mais aussi d’écrivains tels que Annie Ernaux, Emmanuel Carrère ou Michel Leiris, l’initiateur du genre en anthropologie, qui se trouvait à la jonction du récit littéraire et de l’anthropologie.

Dans tous les cas de figure, au-delà de ce qui est dit et ce qui est tu, un des enjeux de ce panel sur la biographie et l’autobiographie est de s’interroger sur la possibilité de créer une distance pour pouvoir raconter et se raconter, tout en prenant en compte différentes logiques simultanées. Si, comme l’a montré Michel Foucault, l’anthropologue est un auteur, son récit peut-il se confondre avec une narration littéraire ou faut-il inventer de nouvelles formes de restitution ? La vie des déclassés. En plus des travaux littéraires, le panel proposé se réfère à diverses sources socio-anthropologiques : le récit « affecté » de Jeanne Favret-Saada par exemple, ou les travaux de Michel Foucault évoquant la cruauté sociale. Ce dernier a montré que le propre de la littérature depuis le XVIIe siècle est de donner la parole aux pauvres et aux délaissés. Laissant de côté le formalisme des institutions dominantes, dans « La vie des hommes infâmes », son but est « d’aller chercher ce qui est le plus difficile à apercevoir, le plus caché, le plus malaisé à dire et à montrer, finalement le plus interdit et le plus scandaleux ». Comment rendre compte, alors, de l’évidente complexité des fluctuations de l’intime lorsque ce matériau est déclassé par des choix théoriques ou institutionnels ?

Intervenant·es :

  • Adèle BLAZQUEZ (LAP, CNRS)
  • Nicole LAPIERRE (LAP, CNRS)
  • Franco LA CECLA (NABA)
  • Maud SANTINI (ENSA)
  • Dominique VIART (Université de Nanterre)
Intervention

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