Cours/Séminaire

Le rôle du sarrasin dans les crises de subsistances du XVIe au XXe siècle

Réalisation : 9 avril 2013 Mise en ligne : 23 juin 2022
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Descriptif

Cette conférence a été enregistrée dans le cadre du séminaire annuel du pôle Sociétés et espaces ruraux de la MRSH, intitulé en 2012-2013 « De la survie au bien-être ».

Alain-Gilles Chaussat est doctorant allocataire de recherche en histoire au CRHQ de l'Université de Caen Basse-Normandie. Ses axes de recherche concernent l'histoire ruale, la meuneurie manuelle du XIe au XXe siècle, l'histoire du sarrasin, les crises de subsistance et l'histoire de l'alimentation.

Résumé de la communication

Dans son article "la diffusion du blé noir en France à l'époque moderne[1]", Michel Nassiet avance l'hypothèse que l'introduction du sarrasin dans la rotation culturale du Massif armoricain provoqua l'extension céréalière nécessaire à la croissance démographique du XVIe siècle. À cette vision structurelle du rôle du sarrasin dans la démographie, il semble opportun de s'interroger sur une dimension plus conjoncturelle autour des crises de subsistances. Du XVIe au XXe siècle, les exemples de l'utilisation du sarrasin dans l'atténuation des crises de subsistances en Bretagne et Basse-Normandie ne manquent pas.

Outre le fait que cette polygonacée s'accommode aisément des sols hostiles au froment, elle détient d'autres avantages non négligeables : son cycle et ses rendements élevés. Emblavé vers le mois de juin et récolté en septembre, le sarrasin est moins assujetti aux aléas météorologiques que les "bleds" d'hiver (d'octobre à août) ou de printemps (de mars à août). On peut ainsi replanter du sarrasin dans un champ de "bleds" ayant été ravagé et permettre une récolte salvatrice à l'automne.

L'importance du sarrasin dans les populations de l'Ouest s'appréhende également dans l'étude locale et singulière des mercuriales. La comparaison des coefficients de variation permet de comprendre les logiques de consommation des masses en temps de crise. Quant aux coefficients de corrélation, ils permettent de déterminer la part d'indépendance de cette plante face au froment. Le sarrasin étant une denrée cultivée et consommée localement, elle échappe aux logiques économiques nationales, voire internationales à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. D'ailleurs, l'évolution de la place du sarrasin dans les mercuriales est perceptible entre les crises d'Ancien Régime et celles du XIXe siècle.

Néanmoins, le sarrasin n'est pas le seul aliment à jouer un rôle d'atténuation durant ces périodes difficiles. D'autres denrées telles que l'orge, la pomme de terre, la châtaigne, le maïs, le riz, et même le beurre, ainsi que certaines politiques publiques de régularisation des prix, permettent aussi l'atténuation des crises de subsistances. Malgré tout, l'apport du sarrasin en association avec d'autres plantes s'avère être un apport non négligeable dans l'apaisement des crises de subsistances pour le bocage Bas-Normand et la Bretagne.

Plus que le sarrasin, ce qui semble important pour Alain-Gilles Chaussat, c'est bien l'étude locale des systèmes de polyculture et l'impact qu'a pu avoir l'arrivée de nouvelles denrées dans les sociétés rurales, d'un point de vue du "fait social total".

 

[1] Michel Nassiet, La diffusion du blé noir en France à l'époque moderne, Histoire & Sociétés Rurales1998, no 9pp. 57‑76.

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Notice
Date de réalisation
Lieu de réalisation

MRSH Caen

Langue :
Français
Citer cette ressource:
La forge numérique. (2013, 9 avril). Le rôle du sarrasin dans les crises de subsistances du XVIe au XXe siècle. [Podcast]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/117311. (Consultée le 26 juin 2022)
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