Conférence

Promenades à travers les opéras inspirés de l’antiquité au début du 20e siècle en Europe / Walter Zidaric

Réalisation : 6 juin 2019 Mise en ligne : 6 juin 2019
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Descriptif

Promenades à travers les opéras inspirés de l’antiquité au début du 20e siècle en Europe / Walter Zidaric, in "Autour de Nijinski clown de Dieu", journée d'étude organisée par l'Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues (IRPALL) de l'Université Toulouse Jean Jaurès dans le cadre d'un partenariat avec le Théâtre du Capitole, sous la responsabilité scientifique et la coordinationde Michel Lehmann et Christine Calvet. Université Toulouse Jean Jaurès, Théâtre du Capitole, 6 juin 2019.

La place de l’Antiquité dans la vitalité créatrice de l’art occidentalse présente comme une référence, dépassant la fonction de simple modèle àimiter et provoquant un mouvement de retour, retour non pas du présent vers lepassé, mais du présent vers l’Idéal. Ce mouvement porte l’édifice culturel etautorise le développement, l’émancipation et la divergence artistiques.Considérer du point de vue de la chronologieLa Favola d’Orfeo de Monteverdi comme le premier opéra de l’Histoire estdiscutable, mais il est pertinent du point de vue de la relation que lacréation artistique entretient avec l’Antiquité. Présenté comme un spectacleinspiré de la tragédie antique (pour ne pas dire une imitation), cet opéra estun immense mouvement circulaire lancé du 17e vers l’Antiquitépour revenir au temps présent. Son inscription dans la modernité de son tempsne tient pas d’un dialogue entre passé et présent, encore moins d’une nostalgied’un monde perdu. Cette présence de l’Antiquité est en quelque sorteintemporelle, permanente, presque génétique. L’ère baroque en était tellementimprégnée qu’il n’y avait rien de surprenant à ce que les Romantiques tententde s’en détourner. Stendhal en particulier s’était évertué à redéfinir laqualité de « Modernes » sans l’appui de la relation que l’ère baroqueentretenait avec l’Antiquité. Pourtant cette dernière n’a jamais réellementdisparu de la scène romantique (Norma,Nabucco, Les Troyens, Aida…). Du côté de l’Allemagne, théoriciens et philosophes dans lalignée de Kant et de Schlegel redéfinissent un idéal de la civilisation de laGrèce Antique qui permet de la rendre une nouvelle fois très attractive. Avec La Naissance de la tragédie à partir del’esprit de la musique (1872), Nietzsche ouvre de nouvelles perspectivespour penser la modernité à partir de l’Antiquité. Ce célèbre essai annonceclairement les forces multiples qui seront en jeu dans la création scénique autournant du 20e siècle. Le discours philosophique et esthétiqueautour du couple Apollon-Dionysos que l’on peut schématiser par le balancemententre perfection académique et invention subversive secoue le monde de lacréation musicale et chorégraphique. La grande aventure des Ballets Russes avecles fortes personnalités de Diaghilev, Nijinski, Fokine et Bakst, est marquéepar l’influence d’une Antiquité qui offre un imaginaire de récits (Daphniset Chloé, L’après-midi d’un Faune…) et propose un idéal qui necontraint en rien l’audace créatrice. L’Antiquité appropriée par les Ballets Russesest tout le contraire d’un refuge. En tant qu’idéal, elle n’a pas étéreconfigurée en modèle de vertus comme ce fut le cas à l’époque baroque. Leparrainage d’Apollon et de Dionysos semble bien plus à l’œuvre au sein del’effervescence créatrice de cette troupe de chorégraphes, danseurs,compositeurs et décorateurs. Et pourtant, d’autres mouvements artistiquescontemporains privilégient la valeur refuge de l’Antiquité à partir d’uneposture plus réactionnaire comme en Italie. Le retour vers l’Antiquité au début du 20e siècle ne réussitpas à être fédérateur, si tel fut seulement son but… Il ne rassemble pas lacommunauté des artistes au sein d’une rhétorique et d’une esthétique acceptéespar tous comme à l’ère baroque. Il se dresse plus comme un miroir où chaquevisage se réfléchit dans un mouvement de projection singulier, comme si chacunredessinait « son » Antiquité. Elle se met ainsi au service tantôt del’innovation, du conservatisme, de l’authenticité archéologique, de lafantaisie, de la psychanalyse, de l’idéal artistique ou philosophique… À l’occasion de la 24e journée d’étude en partenariat avecle Théâtre du Capitole, l’Institut IRPALL réunit des spécialistes del’Antiquité, de l’Histoire des spectacles et de la Philosophie pour mieuxcerner les influences de l’Antiquité sur la scène lyrique et chorégraphique du20e siècle naissant, promettant déjà tant de bouleversements.

Discipline :
Langue :
Français
Crédits
Nathalie MICHAUD (Réalisation), Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail (Production), SCPAM / Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail (Publication)
Conditions d'utilisation
Tous droits réservés à l'Université Jean-Jaurès - campus Mirail et aux auteurs.
Citer cette ressource:
Université Toulouse-Jean Jaurès. (2019, 6 juin). Promenades à travers les opéras inspirés de l’antiquité au début du 20e siècle en Europe / Walter Zidaric. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/102157. (Consultée le 29 janvier 2022)
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ZIDARIč, Walter (2010). I Promessi sposi (Les Fiancés) de Manzoni et l’opéra italien du XIXe siècle. Nationalisme littéraire et musical en Italie entre le Risorgimento et l’unification du pays, in Dominique Peyrache-Leborgne et André Peyronie (dirs), Le romanesque et l’historique. Marge et écriture, Nantes, Éditions Cécile Defaut / Université de Nantes], 43-70.

BRANGER, Jean-Christophe, GIROUD, Vincent (2008). Figures de l'Antiquité dans l'opéra français : des Troyens de Berlioz à Œdipe d'Enesco. Actes du colloque du IXe Festival Massenet, Saint-Étienne, 9 et 10 novembre 2007. Publications de l'Université de Saint-Étienne, 380 p.

ZIDARIč, Walter (dir.) (2003). Intertextualité, interculturalité : les livrets d’opéra fin XIXe-début XXe siècle. Actes du colloque international de Nantes, 3-4 mai 2002. Nantes, Université de Nantes, Centre de Recherche sur les Identités, les Nations et l'Interculturalité (CRINI), 320 p.

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