Conférence
Notice
Lieu de réalisation
Toulouse, Théâtre du Capitole
Langue :
Français
Crédits
Nathalie MICHAUD (Réalisation), Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail (Production), SCPAM / Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail (Publication), Walter Zidarič (Intervention)
Détenteur des droits
Tous droits réservés à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès et aux auteurs.
Conditions d'utilisation
Droit commun de la propriété intellectuelle
DOI : 10.60527/xnx8-b466
Citer cette ressource :
Walter Zidarič. UT2J. (2019, 6 juin). Promenades à travers les opéras inspirés de l’antiquité au début du 20e siècle en Europe / Walter Zidaric , in Autour de Nijinski, clown de Dieu. L'Antiquité au début du XXe siècle, un imaginaire artistique. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/xnx8-b466. (Consultée le 30 mai 2024)

Promenades à travers les opéras inspirés de l’antiquité au début du 20e siècle en Europe / Walter Zidaric

Réalisation : 6 juin 2019 - Mise en ligne : 29 juin 2019
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Descriptif

Promenades à travers les opéras inspirés de l’antiquité au début du 20e siècle en Europe / Walter Zidaric, in "Autour de Nijinski clown de Dieu", journée d'étude organisée par l'Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues (IRPALL) de l'Université Toulouse-Jean Jaurès dans le cadre d'un partenariat avec le Théâtre du Capitole, sous la responsabilité scientifique et la coordination de Michel Lehmann et Christine Calvet. Université Toulouse-Jean Jaurès, Théâtre du Capitole, 6 juin 2019.

La place de l’Antiquité dans la vitalité créatrice de l’art occidental se présente comme une référence, dépassant la fonction de simple modèle à imiter et provoquant un mouvement de retour, retour non pas du présent vers le passé, mais du présent vers l’Idéal. Ce mouvement porte l’édifice culturel et autorise le développement, l’émancipation et la divergence artistiques. Considérer du point de vue de la chronologie La Favola d’Orfeo de Monteverdi comme le premier opéra de l’Histoire est discutable, mais il est pertinent du point de vue de la relation que la création artistique entretient avec l’Antiquité. Présenté comme un spectacle inspiré de la tragédie antique (pour ne pas dire une imitation), cet opéra est un immense mouvement circulaire lancé du 17e siècle vers l’Antiquité pour revenir au temps présent. Son inscription dans la modernité de son temps ne tient pas d’un dialogue entre passé et présent, encore moins d’une nostalgie d’un monde perdu. Cette présence de l’Antiquité est en quelque sorte intemporelle, permanente, presque génétique. L’ère baroque en était tellement imprégnée qu’il n’y avait rien de surprenant à ce que les Romantiques tentent de s’en détourner. Stendhal en particulier s’était évertué à redéfinir la qualité de « Modernes » sans l’appui de la relation que l’ère baroque entretenait avec l’Antiquité. Pourtant cette dernière n’a jamais réellement disparu de la scène romantique (Norma, Nabucco, Les Troyens, Aida…). Du côté de l’Allemagne, théoriciens et philosophes dans la lignée de Kant et de Schlegel redéfinissent un idéal de la civilisation de la Grèce Antique qui permet de la rendre une nouvelle fois très attractive. Avec La Naissance de la tragédie à partir de l’esprit de la musique (1872), Nietzsche ouvre de nouvelles perspectives pour penser la modernité à partir de l’Antiquité. Ce célèbre essai annonce clairement les forces multiples qui seront en jeu dans la création scénique au tournant du 20e siècle. Le discours philosophique et esthétique autour du couple Apollon-Dionysos que l’on peut schématiser par le balancement entre perfection académique et invention subversive secoue le monde de la création musicale et chorégraphique. La grande aventure des Ballets Russes avec les fortes personnalités de Diaghilev, Nijinski, Fokine et Bakst, est marquée par l’influence d’une Antiquité qui offre un imaginaire de récits (Daphnis et Chloé, L’après-midi d’un Faune…) et propose un idéal qui ne contraint en rien l’audace créatrice. L’Antiquité appropriée par les Ballets Russes est tout le contraire d’un refuge. En tant qu’idéal, elle n’a pas été reconfigurée en modèle de vertus comme ce fut le cas à l’époque baroque. Le parrainage d’Apollon et de Dionysos semble bien plus à l’œuvre au sein de l’effervescence créatrice de cette troupe de chorégraphes, danseurs, compositeurs et décorateurs. Et pourtant, d’autres mouvements artistiques contemporains privilégient la valeur refuge de l’Antiquité à partir d’une posture plus réactionnaire comme en Italie. Le retour vers l’Antiquité au début du 20e siècle ne réussit pas à être fédérateur, si tel fut seulement son but… Il ne rassemble pas la communauté des artistes au sein d’une rhétorique et d’une esthétique acceptées par tous comme à l’ère baroque. Il se dresse plus comme un miroir où chaque visage se réfléchit dans un mouvement de projection singulier, comme si chacun redessinait « son » Antiquité. Elle se met ainsi au service tantôt de l’innovation, du conservatisme, de l’authenticité archéologique, de la fantaisie, de la psychanalyse, de l’idéal artistique ou philosophique… A l’occasion de la 24e journée d’étude, l’Institut IRPALL réunit des spécialistes de l’Antiquité, de l’Histoire des spectacles et de la Philosophie pour mieux cerner les influences de l’Antiquité sur la scène lyrique et chorégraphique du 20e siècle naissant, promettant déjà tant de bouleversements.

Mots clés : Opéra -- 19e siècle ; Opéra -- 20e siècle ; Opéra -- Italie ; Influence antique ; Massenet, Jules (1842-1912)

Intervention
Thème
Documentation

Richard Strauss, "Salomé : Es ist kein Laut zu vernehmen", avec Mara Zampieri Wiener Staatoper, Wiener Philharmoniker dir. par Peter Schneider, sept. 1991 (Sur YouTube)

Richard Strauss, "Elektra : Vater! Agamemnon !" avec Nina Stemme, prod. Patrice Chéreau, dir. par Esa-Pekka Salonen, Metropolitan Opera, 2015 (sur YouTube)

Jules Massenet, "Ariane : Acte 1/5", avec Cécile Perrin, Saint-Etienne, Grand Théâtre Massenet, dir. de Laurent Campellone, novembre 2007 (sur YouTube)

Jules Massenet, "Bacchus : chant funèbre" (sur YouTube)

Jules Massenet, "Cléopâtre : J’ai versé le poison dans cette coupe d’or", avec Renée Flemming, Orchestra of the Mariinsky Theater dir. par Valery Gergiev, 2006 (sur YouTube).

Jules Massenet, "Roma : Peuple ! Regarde en des lueurs de feux (acte 1), avec Iano Tamar et Svetlana Arginbaeva, Orchestra Internazionale d'Italia dir. par Marco Guidarini, 1999 (sur YouTube)

"Néron essayant des poisons sur des esclaves" de Georges Hatot, film Frères Lumière, 1896 (sur Wikipedia)

Bruno Barilli, "Medusa", avec Cloe Elmo et Gino Orlandini, Orchestra Sinfonica e coro della Rai, dir. par Alfredo Simonetto, Milan, 1952 (sur YouTube)

Ildebrando Pizzetti "Fedra : Mort de Fedra, aria finale" avec Régine Crespin, dir. par Gianandrea Gavazzeni, [1959] (sur YouTube)

Alberto Franchetti, "Glauco : No, piange ancora!" (acte 3), avec Liana Aleksanyan -version avec orchestre (sur YouTube).

Alberto Franchetti, "Glauco : No, piange ancora!" (acte 3), avec Maria Kagel -version avec piano, 2009 (sur YouTube).

Arrigo Boito, "Nerone", avec Bruno Prevedi, Orchestra Sinfonica e Coro di Torino della RAI, dir. par Gianandrea Gavazzeni, 1975 (sur YouTube)

ZIDARIč, Walter (2010). I Promessi sposi (Les Fiancés) de Manzoni et l’opéra italien du XIXe siècle. Nationalisme littéraire et musical en Italie entre le Risorgimento et l’unification du pays, in Dominique Peyrache-Leborgne et André Peyronie (dirs), Le romanesque et l’historique. Marge et écriture, Nantes, Éditions Cécile Defaut / Université de Nantes], 43-70.

BRANGER, Jean-Christophe, GIROUD, Vincent (2008). Figures de l'Antiquité dans l'opéra français : des Troyens de Berlioz à Œdipe d'Enesco. Actes du colloque du IXe Festival Massenet, Saint-Étienne, 9 et 10 novembre 2007. Publications de l'Université de Saint-Étienne, 380 p.

ZIDARIč, Walter (dir.) (2003). Intertextualité, interculturalité : les livrets d’opéra fin XIXe-début XXe siècle. Actes du colloque international de Nantes, 3-4 mai 2002. Nantes, Université de Nantes, Centre de Recherche sur les Identités, les Nations et l'Interculturalité (CRINI), 320 p.

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