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Les fonctions de la représentation du végétal dans l’espace domestique au Moyen Âge : l’exemple des charpentes peintes de Carcassonne au XVe siècle


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Les fonctions de la représentation du végétal dans l’espace domestique au Moyen Âge : l’exemple des charpentes peintes de Carcassonne au XVe siècle

Hugo CHATEVAIRE, titulaire d’un master en histoire de l’art médiéval, École des hautes études en sciences sociales

Deux charpentes peintes datant de la deuxième moitié du XVe siècle ont été découvertes dans la bastide Saint-Louis de Carcassonne en 2003. Elles furent commanditées par un riche marchand pour décorer sa demeure. La communication se propose d’étudier les différentes modalités de représentation du végétal dans cet ensemble : le végétal en tant qu’élément rythmique, l’intégration du végétal dans des scènes historiées, le végétal en tant qu’objet central de la représentation. En quoi le végétal participe-t-il à l’efficacité du décor ?

La bastide Saint-Louis de Carcassonne recèle bien des trésors patrimoniaux souvent peu connus. Parmi ceux-ci, la découverte en 2003 au 49-51 rue de Verdun de deux plafonds peints, que l’analyse dendrochronologique datera de 1451 et dont le commanditaire est Pierre Belissen, un marchand carcassonnais qui s’est enrichi au milieu du XVe siècle, se révèle être d’un très grand intérêt pour qui veut comprendre les processus de mise en scène de soi dans son espace domestique. La représentation, dans un processus spécifique au Moyen Âge, envahit l’ensemble du support. Ainsi, la charpente faite avec du pin reçoit un décor à la fois sur les closoirs qui sont les planches qui couvrent l’espace entre chaque solive, les couvre-joints et les planchettes de bords. Les deux plafonds, l’un au rez-de-chaussée, l’autre au premier étage, ont subi de nombreuses dégradations mais fournissent tout de même un corpus de 95 closoirs peints, sans compter les planchettes de bord qui reçoivent une ornementation végétale.

La communication se propose d’étudier les différentes modalités de représentation du végétal dans cet ensemble : le végétal en tant qu’élément rythmique, l’intégration du végétal dans des scènes historiées, le végétal en tant qu’objet central de la représentation. À travers l’analyse de ces différentes modalités, nous nous demanderons en quoi le végétal participe à l’efficacité du décor et à la réalisation de sa principale fonction : une mise en scène de l’ascension sociale de ce marchand récemment enrichi dans un espace domestique médiéval qui ne connaît pas la séparation moderne entre espace public et espace privé.

Pour comprendre la fonction du végétal dans l’espace domestique médiéval, il s’agit de revenir sur la notion d’ornement au Moyen Âge qui n’a pas le sens moderne d’ajout esthétique superflu destiné tout au plus à « embellir » la représentation centrale. Les mots ornatus et ornamentum définissent l’ornemental comme un complément qui participe à l’efficacité du lieu, à la réalisation de sa fonction. Ainsi le végétal dans l’espace sacré actualise la sacralité du lieu, la rend présente. On se posera donc la question des modalités de transfert des représentations sacrées du végétal dans l’espace domestique, les continuités qui permettent une claire valorisation de l’habitation, mais aussi les discontinuités liées à la spécificité des fonctions du lieu. Ainsi le végétal est un motif très polysémique selon le regard que l’on pose dessus : à la fois un motif qui donne à l’ensemble de la charpente l’aspect d’un jardin suspendu paradisiaque, un motif de l’amour courtois, un motif lié aux pratiques aristocratiques de la chasse, un motif qui représente une nature domestiquée. Enfin, cette analyse monographique amènera à un élargissement sur le rôle du végétal dans les plafonds peints présents par centaines sur tout l’arc méditerranéen, de la Catalogne à la Sicile, en passant par le Languedoc, la Provence ou la Toscane.




 

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