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Université Toulouse-Jean Jaurès (Toulouse II-le Mirail)

"Sponsus" et musique / Jean-Christophe Maillard, Éric Léger


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"Sponsus" et musique / Jean-Christophe Maillard, Éric Léger

Sponsus et musique / Jean-Christophe Maillard, Éric Léger. In journée d'études "Autour du drame liturgique médiéval du Sponsus", co-organisé par le Département Lettres modernes, cinéma et occitan de l'Université Toulouse II-Le Mirail et le Festival Déodat de Séverac et dont la coordination a été assurée par Joëlle Ginestet et les étudiants du master Métiers de la Culture et du Patrimoine en Pays d'Oc. Université de Toulouse II-Le Mirail et Ostal d'Occitania, 21-22 novembre 2012. 
> Voir aussi le diaporama d'Éric Léger dans l'onglet "Documents". 

Le Sponsus appartient au genre du drame liturgique et par delà s’inscrit dans la lignée des paraliturgies. Celles-ci se développent à partir des hymnes, dès le IVe siècle, mais ce que l’on a coutume de nommer paraliturgie se développe par le biais des monastères tels Jumièges, St Gall, St Martial de Limoges, ou Fleury.
La musique elle-même appartient, telle qu’elle nous est transmise sous sa forme écrite, à l’univers de la monodie. Cette monodie se situe chronologiquement, au niveau de son apparition, entre le chant grégorien et  entre le monde des trouveurs, d’oc ou d’oïl. Si l’univers paraliturgique, monodie sacrée à texte latin, semble s’apparenter au chant grégorien, il faut savoir que ce dernier est un genre différent et antérieur, adapté à la liturgie stricte. On parlera aussi de cantus planus, ou plain-chant, qui s’adapte mieux à une définition élargie de « chant latin d’église à une seule voix ».

Quel apport pour l’histoire de la musique ? S’affranchir du texte liturgique pur, car la création de nouveaux textes littéraires peut être considéré comme stimulant pour la création musicale, et aussi pour une plus grande liberté. Les paraliturgies se divisent en tropes et séquences.

Le drame liturgique serait-il une extension du trope ? Il part d’un désir de glose. Un texte libre se construit à partir d’une thématique issue du calendrier liturgique, plus précisément axé sur les deux grands cycles de Pâques ou de Noël. Selon St Ethelwold dans sa Regularis Concordia (ca 965-75), texte d’unification des trois abbayes de Winchester, Gand et Fleury, le drame liturgique explique le rite de Pâques. L'office des Matines commémore l'événement. Cette commémoration se fait d'abord sous la forme d'un trope reproduisant le dialogue de l'Ange et des Saintes Femmes, le "Quem quaeritis" : les saintes femmes, venues avec des onguents pour ensevelir le Christ, trouvent le tombeau vide ; un ange assis sur la pierre de l'entrée leur annonce la résurrection du Sauveur. Les rôles sont tenus bien sûr par des moines. C’est le début de ce que l’on appelle drame liturgique.
Dans le cycle de Noël il en est de même lors de l’office des matines. On y récite la prophétie de la Sibylle, texte apocryphe traduit du grec en latin par saint Augustin. Le texte annonce la venue du Christ. Petit à petit, on théâtralise ce texte en le présentant sous la forme d’un dialogue entre la Sibylle et  divers prophètes. Si l’on en croit Chailley, le Sponsus aurait été un prologue à ce dialogue, rajouté à st Martial. Mais cette interprétation n’est pas la seule. On le rattache aussi parfois au cycle pascal, ou encore à aucun cycle… De plus, un pas est franchi dans le monde paraliturgique : l’emploi partiel d’une langue vulgaire.

Entre les origines du drame liturgique (ca 965) et le Sponsus il y a environ un siècle. On peut remarquer qu’à partir de paraliturgies chantées, le drame se précise et que la présence de la musique est un élément indissociable de ce phénomène. Le point de vue du musicologue est donc orienté par divers paramètres : 
- L’étude d’une musique monodique, à destination religieuse, mais ne faisant plus un appel systématique à la langue latine : peut-on définir un genre ?  Que dire de sa construction organique (modalité, rythmique) ? Quelle peut être son esthétique par rapport aux musiques grégoriennes et aux autres paraliturgies ?  
- L’étude plus complexe d’un genre de représentation incluant des effets qu’on qualifierait aujourd’hui de « scéniques », le rôle de la musique dans ce même genre, et éventuellement les reconstitutions qu’il est permis d’imaginer, tant sur le plan éditorial que sur le plan de l’effectif : acteurs-chanteurs certes, mais… instruments ? Faut-il imaginer une spatialisation (les vastes édifices romans du temps le permettent grandement) ? Une scénographie ? Des costumes, des décors ? Car le monde du « spectacle » (terme inadapté ici) est aussi une branche importante de la musicologie. 
Donc, en dehors de la paléographie musicale, qui occupe malgré tout la vedette, un certain nombre de points peut aussi nous occuper…

Jean-Christophe Maillard propose d'entendre quelques exemples de représentation musicales du Sponsus : par le Nashville Early Music en 2008 à Nashville, un extrait de la musique de Pino Donaggio du film "Two evil eyes" de Dario Argento (1989), par le Coro Christus Ensemble, par the Compline Choir of Christ Church (Anglican) in Savannah...

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    Date de réalisation : 21 Novembre 2012
    Durée du programme : 21 min
    Classification Dewey : Histoire de la musique (500-1449 : ars antiqua, ars nova, musique médiévale...), Monodie (musique à une seule ligne mélodique), Drame liturgique
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    Catégorie : Conférences
    Niveau : niveau Master (LMD), niveau Doctorat (LMD), Recherche
    Disciplines : Musique, Langues et cultures des régions françaises
    Collections : Autour du drame liturgique médiéval du Sponsus
    ficheLom : Voir la fiche LOM
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    Auteur(s) : MAILLARD Jean-Christophe
    producteur : Université Toulouse II-Le Mirail
    Réalisateur(s) : MICHAUD Nathalie
    Editeur : SCPAM Université Toulouse II-Le Mirail
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    Langue : Français
    Mots-clés : occitan (langue), France (Moyen age), œuvre liturgique, musique et littérature, plains chants, musique du Moyen Age
    Conditions d’utilisation / Copyright : Tous droits réservés à l'Université Toulouse II-Le Mirail et aux auteurs.
 

commentaires


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Valentinem 08/04/2013 03h19

J'ai suivi avec grand intérêt cet éclairage sur un thème qui jusqu'à présent m'était étranger. Merci.
 

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