Conférence
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Langue :
Français
Crédits
Université Toulouse II-Le Mirail SCPAM (Publication), Université Toulouse II-Le Mirail (Production), Nathalie MICHAUD (Réalisation), Jean-Christophe Maillard (Intervention)
Conditions d'utilisation
Tous droits réservés à l'Université Toulouse II-Le Mirail et aux auteurs.
DOI : 10.60527/x5hp-4450
Citer cette ressource :
Jean-Christophe Maillard. UT2J. (2012, 21 novembre). "Sponsus" et musique / Jean-Christophe Maillard, Éric Léger , in Autour du drame liturgique médiéval du Sponsus. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/x5hp-4450. (Consultée le 24 mai 2024)

"Sponsus" et musique / Jean-Christophe Maillard, Éric Léger

Réalisation : 21 novembre 2012 - Mise en ligne : 14 mars 2013
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Descriptif

 

Sponsus et musique / Jean-Christophe Maillard, Éric Léger. In journée d'études "Autour du drame liturgique médiéval du Sponsus", co-organisé par le Département Lettres modernes, cinéma et occitan de l'Université Toulouse II-Le Mirail et le Festival Déodat de Séverac et dont la coordination a été assurée par JoëlleGinestet et les étudiants du master Métiers de la Culture et du Patrimoineen Pays d'Oc. Université de Toulouse II-Le Mirail et Ostal d'Occitania, 21-22 novembre 2012. 
> Voir aussi le diaporama d'Éric Léger dans l'onglet "Documents". 

Le Sponsusappartient au genre du drame liturgique et par delà s’inscrit dans la lignéedes paraliturgies. Celles-ci se développent à partir des hymnes, dès le IVesiècle, mais ce que l’on a coutume de nommer paraliturgie se développe par lebiais des monastères tels Jumièges, St Gall, St Martial de Limoges, ouFleury.
La musique elle-même appartient, telle qu’ellenous est transmise sous sa forme écrite, à l’univers de la monodie. Cettemonodie se situe chronologiquement, au niveau de son apparition, entre le chantgrégorien et  entre le monde destrouveurs, d’oc ou d’oïl. Si l’univers paraliturgique, monodie sacrée à textelatin, semble s’apparenter au chant grégorien, il faut savoir que ce dernierest un genre différent et antérieur, adapté à la liturgie stricte. On parleraaussi de cantus planus, ou plain-chant, qui s’adapte mieux à unedéfinition élargie de « chant latin d’église à une seule voix ».

Quel apport pour l’histoire de la musique ? S’affranchir du texteliturgique pur, car la création de nouveaux textes littéraires peut êtreconsidéré comme stimulant pour la création musicale, et aussi pour une plusgrande liberté. Les paraliturgies se divisent en tropes et séquences.

Le drame liturgique serait-il une extension du trope ? Il partd’un désir de glose. Un texte libre se construit à partir d’une thématiqueissue du calendrier liturgique, plus précisément axé sur les deux grands cyclesde Pâques ou de Noël. Selon St Ethelwold dans sa Regularis Concordia (ca 965-75), texte d’unification des troisabbayes de Winchester, Gand et Fleury, le drame liturgique explique le rite dePâques. L'office des Matines commémorel'événement. Cette commémoration se fait d'abord sous la forme d'un tropereproduisant le dialogue de l'Ange et des Saintes Femmes, le "Quem quaeritis" : les saintes femmes, venues avec des onguentspour ensevelir le Christ, trouvent le tombeau vide ; un ange assis sur lapierre de l'entrée leur annonce la résurrection du Sauveur. Les rôles sonttenus bien sûr par des moines. C’est le début de ce que l’on appelle drameliturgique.
Dansle cycle de Noël il en est de même lors de l’office des matines. On y récite laprophétie de la Sibylle, texte apocryphe traduit du grec en latin par saintAugustin. Le texte annonce la venue du Christ. Petit à petit, on théâtralise cetexte en le présentant sous la forme d’un dialogue entre la Sibylle et  divers prophètes. Si l’on en croit Chailley,le Sponsus aurait été un prologue àce dialogue, rajouté à st Martial. Mais cette interprétation n’est pas laseule. On le rattache aussi parfois au cycle pascal, ou encore à aucun cycle…De plus, un pas est franchi dans le monde paraliturgique : l’emploipartiel d’une langue vulgaire.

Entreles origines du drame liturgique (ca 965) et le Sponsus il y a environ un siècle. On peut remarquer qu’à partir deparaliturgies chantées, le drame se précise et que la présence de la musiqueest un élément indissociable de ce phénomène. Le point de vue du musicologueest donc orienté par divers paramètres : 
- L’étuded’une musique monodique, à destination religieuse, mais ne faisant plus unappel systématique à la langue latine : peut-on définir un genre ? Que dire de sa construction organique (modalité, rythmique) ? Quellepeut être son esthétique par rapport aux musiques grégoriennes et aux autresparaliturgies ?  
- L’étudeplus complexe d’un genre de représentation incluant des effets qu’onqualifierait aujourd’hui de « scéniques », le rôle de la musique dansce même genre, et éventuellement les reconstitutions qu’il est permisd’imaginer, tant sur le plan éditorial que sur le plan de l’effectif :acteurs-chanteurs certes, mais… instruments ? Faut-il imaginer unespatialisation (les vastes édifices romans du temps le permettentgrandement) ? Une scénographie ? Des costumes, des décors ? Carle monde du « spectacle » (terme inadapté ici) est aussi une brancheimportante de la musicologie. 
Donc, en dehors de la paléographie musicale, quioccupe malgré tout la vedette, un certain nombre de points peut aussi nousoccuper…

Jean-Christophe Maillard propose d'entendre quelques exemples de représentation musicales du Sponsus : par le Nashville Early Music en 2008 à Nashville, un extrait de la musique de Pino Donaggio du film "Two evil eyes" de Dario Argento (1989), par le Coro Christus Ensemble, par the Compline Choir of Christ Church (Anglican) in Savannah...

 

Intervention
Thème
Documentation

1. Bibliographie de Jean-Christophe Maillard

Éditions du Sponsus :

COUSSEMAKER, Edmond de, Drames liturgiques au Moyen-Âge, texte et musique, Paris, Didron, 1861, 350 p. 

THOMAS, Lucien-Paul, Le « Sponsus » (Mystère des Vierges sages et des Vierges folles) suivi des Trois poèmes limousins et farcis du même manuscrit, Étude critique, textes, musique, notes et glossaire, Paris, Presses Universitaires de France, 1951, 251 p.

Textes et articles :

BECK, Alfons, "Le jeu des vierges du manuscrit Paris B.N. Lat. 1139", Revue Romane, 19 (1984) 2, pp. 245-273.

BETTENS, Olivier, Le Sponsus ou Jeu des vierges sages et des vierges folles, Le Sponsus de Limoges : langue d’oc ou langue ad hoc ? [En ligne http://virga.org/cvf/sponsusi.php].

BOSSY, Freddy, "Les vierges sages et les vierges folles, drame liturgique en parlange du XIe siècle",  Société d’Études Folkloriques du Centre-Ouest, XIV, 5e Livraison, n° 100, sept. octobre 1980.

CHAILLEY, Jacques, "À propos du Sponsus de L. P. Thomas", Revue belge de Musicologie / Belgisch Tijdschrift voor Muziekwetenschap, Vol. 6, N° 2/3, Apr.-Sep., 1952, pp. 153-159.

COLLINS, Fletcher, "The Production of Medieval Church Music-Drama", Speculum, Vol. 48, n°4, oct., 1973, pp. 738-740.

Prosae, tropi, cantilenae, ludi liturgici ad usum Sancti Martialis Lemovicensis [comprend Sponsus (53)], Manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de France n°1139, XIe-XIIe siècle. (En ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000946s.r=Sponsus.langFR).

WHITTA, James, (BrownUniversity), "Adest sponsus, qui est Christus Performing the Male Monastic Body in Sponsus", Didascalia, 2012. [En ligne : http://www.didaskalia.net/issues/vol4no1/whitta.html].


2. Bibliographie d'Éric Léger

- AVALLE, D'Arco Silvio ; MONTEROSSO, Raffaello, Sponsus : dramma delle vergini prudenti e delle vergini stolte, Milano ; Napoli, R. Ricciardi, Documenti di filologia, n°9, 1965.

- COLETTE, Marie-Noëlle, Histoire de la notation du Moyen Âge à la Renaissance, Paris, Minerve, 2003.

- LE VOT, Gérard, Vocabulaire de la musique médiévale, Paris, Minerve, 1993.

- HOPPIN, Richard, La musique au Moyen Âge, Paris, Mardaga, 1991.

- Société d’Etudes Folkloriques du Centre-Ouest, Revue de recherche ethnographiques, Le Subiet, Tome XIV, n°100, sept.-octobre 1980.

> Voir aussi la bibliographie générale, à télécharger, dans l'onglets "Documents"

Bibliographie générale
"La musique du Sponsus" : l'état des recherches codicologique et musicologique sur le "Sponsus" par Eric Léger

Présentation de l'état des recherches codicologique et musicologique sur le "Sponsus" par Eric Léger

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